C’est une petite révolution qui s’opère en bord de mer. Fini le temps où les étals improvisés faisaient grincer des dents les services de la mairie. En juillet 2025, un arrêté municipal avait sonné le glas de nombreux commerces de street-food, accusés de manquer cruellement d’hygiène.
Un an plus tard, l’amertume a laissé place à la gourmandise. Sur le front de mer, des box colorés et flambant neufs ont poussé, offrant aux professionnels un cadre digne de ce nom, et aux badauds une vue imprenable sur l’Atlantique pour accompagner leurs pauses sucrées.
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Ici, tout n’est que fraîcheur et renaissance. L’odeur du pain chaud se mêle aux effluves fruitées des cocktails sans alcool, tandis que les glaces, jalousement gardées, font fondre les clients de tous âges.
Le chawarma, star de la pause express
Dans l’effervescence de ces nouveaux kiosques, une enseigne attire particulièrement les foules à l’heure du déjeuner. Elsy Tecy, employée dans l’un de ces restaurants, nous accueille avec le sourire, les mains agiles derrière son plan de travail. «Ici, on a une variété de sandwichs, mais notre spécialité, c’est le chawarma poulet ou viande.»
Une magie qui opère grâce à des produits frais et une exécution minute, sans oublier le petit plus qui tue : un expresso pour les plus pressés, histoire de prolonger le plaisir.
«Nos glaces, un secret bien gardé»
À quelques mètres de là, c’est un véritable ballet qui s’organise devant le box de Winnie. Figure emblématique du front de mer, cette glacière, doyenne des lieux, connaît chaque client par son prénom. Devant son comptoir, la file d’attente témoigne de la fidélité des Librevillois. «Nos glaces sont principalement composées de lait avec des ingrédients dont nous gardons secrets.»
Cocktails sans alcool, la touche rafraîchissante
Une recette qui lui assure une clientèle récurrente, même si cette dernière marque parfois une petite hésitation en passant à la caisse. «Nos clients boudent un peu les prix, qui varient entre 1.000 et 2.000 FCFA. Mais que pouvons-nous y faire? C’est en partie en raison de notre positionnement sur le front de mer.»
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Pour ceux qui préfèrent le salé ou le sucré en version liquide, direction d’un bar, roi des mélanges exotiques. Il nous tend un verre aux couleurs du coucher de soleil: «Là, vous avez un cocktail fait à base d’orange, d’ananas, de sirop de fraise, de coco et de citron. Il est fait pour tout le monde, et surtout sans alcool.» De quoi séduire les familles et les estivants en quête de douceur.
Les habitués ont déjà adopté les lieux
Debout, face à la mer, Hélène savoure son breuvage fétiche. Elle fait partie de ces habitués qui ont immédiatement adopté ce nouveau cadre. «Pour déguster un bon cocktail, j’ai pour habitude de m’asseoir ici. J’ai passé la commande pour mon préféré, un mélange de coco, d’ananas et de citron.» Son regard se perd au loin, entre deux gorgées. Ce qu’elle apprécie autant que le goût? «Le calme. Et le fait de savoir que c’est propre, désormais.»
Un an après la tourmente, le pari semble réussi. La mairie a transformé l’essai en offrant un cadre réglementaire et esthétique, tandis que les professionnels, contraints de s’adapter, ont su réinventer leur offre. Sur le front de mer de Libreville, la street-food n’a pas seulement retrouvé ses lettres de noblesse: elle a gagné en hauteur de vue... et en hygiène.
