Clients, entrepreneurs et experts alertent sur le manque de main-d’œuvre formée à l’entretien des équipements solaires, dont l’usage se répand en raison de la crise énergétique qui sévit au pays.
Entre appels à la formation et exigence de qualité, le secteur doit structurer son développement pour que la transition énergétique ne tourne pas au risque.
Au Mali, pays ensoleillé, de plus en plus de personnes se tournent vers les installations solaires pour mieux profiter de ce don de la nature.
Cet engouement a fait des panneaux solaires un équipement prisé de tous. Les kits solaires installés par les particuliers exigent cependant un entretien permanent, une réalité que beaucoup ignorent.
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L’entretien des équipements solaires demande une main-d’œuvre qualifiée ; c’est pourquoi certains usagers se sont lancés dans cette activité, à l’image de l’entreprise Neutron-Mali, fondée par un Malien spécialisé en maintenance industrielle.
Djouma Jitteye a sollicité les services de cette entreprise pour avoir de l’électricité. Pour elle, «l’installation de panneaux solaires est l’une des solutions à la crise énergétique actuelle que connaît le pays. Ces équipements permettent d’atteindre un double objectif. S’éclairer à l’énergie propre ce qui s’inscrit en droite ligne avec la transition énergétique, mais surtout de réduire considérablement le coût de l’énergie conventionnelle que j’utilisais jusque-là». Cependant, Djouma Jitteye précise que l’acquisition de panneaux solaires nécessite un investissement conséquent mais que cela demeure préférable l’absence totale d’électricité.
Au Mali, l’accès universel à l’électricité est un défi majeur. Selon le Programme des Nations Unies pour le développement, en 2020, le Mali avait un taux d’électrification de 50,56% à l’échelle nationale. Ces taux cachent une grande différence entre les centres urbains électrifiés 96% et les villages où seuls 21,12% de la population ont accès à cette énergie.
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Cela se traduit en 10.24 millions de personnes ayant accès à l’électricité contre 10,01 millions de personnes n’ayant pas d’accès à l’électricité.
Salimata Sangaré, étudiante en énergies renouvelables, estime qu’elle se sent différente des autres car, dit-elle, voir une femme persévérer dans le domaine technique demande beaucoup de courage, et son souhait est de dépasser son patron dans les années à venir.
Youssouf Sall, fondateur de Sall Pro Global, estime que «notre premier enjeu qui concerne mon entreprise, c’est la qualité des ressources humaines qui manquent de formation. Je lance un appel pressant aux acteurs du secteur pour qu’ils mettent un accent particulier sur la formation des techniciens du solaire, afin qu’ils atteignent le niveau idéal pour réaliser de bonnes installations sur le terrain».
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M. Sall invite également les autorités à veiller sur la qualité des produits solaires importés au Mali, afin de préserver la santé et la sécurité des personnes.
Selon l’expert en énergies renouvelables Samba Gassama, «nous sommes dans un pays où il y a énormément de poussière et les convertisseurs aspirent de l’air pour se refroidir. S’il n’y a pas d’entretien, les aérations se retrouvent bouchées et, si cela arrive, le convertisseur ne refroidit plus, ce qui présente un risque important d’incendie». Il précise qu’il «est important d’avoir un contrat avec une entreprise spécialisée capable d’intervenir pour faire l’entretien des convertisseurs, des câbles, des panneaux et des batteries». 4
L’expert conseille aux propriétaires de panneaux solaires de faire leur entretien le matin ou en fin de journée, au moment où le soleil est le moins fort.
