Mauritanie. 4e flambée des carburants: aides financières et paniers alimentaires pour 2 millions de bénéficiaires

Une file de voitures dans une station de services à Nouakchott.

Le 07/06/2026 à 14h51

VidéoLes prix à la pompe du gasoil et de l’essence affichent une hausse de 5% depuis le 2 juin, la quatrième depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient. Face au mécontentement populaire grandissant, les autorités ont annoncé des mesures visant à atténuer l’impact de ces hausses des prix des carburants.

Le litre de gasoil est passé de 59,17 à 62,13 ouguiyas et celui de l’essence de 61,92 à 65,2 ouguiyas. Lors du point de presse du gouvernement, mercredi 3 juin, le ministre du Pétrole et de l’Énergie, Mohamed ould Khaled, a lié cette nouvelle hausse «à la flambée des cours mondiaux du pétrole, du fret maritime et du coût de l’assurance».

Cette 4e envolée des prix des carburants impactera nécessairement le budget des manages déjà sous pression. Pour faire face à cette conjoncture défavorable, le ministre a fait savoir que la Mauritanie avait trois options. En premier lieu, «le maintien des prix avec une hausse massive des subventions», une équation difficilement tenable pour les finances publiques du pays. Ensuite, «une hausse modérée des prix avec des mesures d’accompagnement pour les couches vulnérables». Enfin, «laisser les prix suivre les cours internationaux avec une inévitable flambée généralisée des prix». Soucieux de préserver le pouvoir d’achat, le gouvernement mauritanien a choisi la seconde option.

En contrepartie des augmentations modérées des prix des carburants, «le gouvernement a décidé d’appliquer des mesures sociales d’accompagnement pour les ménages vulnérables à travers des transferts monétaires pour atténuer l’impact de la hausse des prix».

Des mesures sociales exceptionnelles ont été prises en faveur de 352.400 ménages ménages les plus vulnérables ce qui représente 2 millions de bénéficiaires pour une valeur totale de 5 milliards d’ouguiyas. Des paniers alimentaires seront distribués au profit de 155.000 ménages.

La Mauritanie a déjà dépensé plus de 40 milliards pour subventionner l’énergie.

Réagissant à cette nouvelle hausse des prix du carburant, Djeynaba Yeya Touré, activiste de la société civile, explique avec ironie: «je vis cette situation, ne serait que par le fait d’amener mes enfants à l’école, avec le coût du transport au quotidien. Je ne suis pas au fait de l’information, les gouvernants ont des éléments qui ne sont pas connus de moi. C’est pour cette raison que je me demandais, il y a quelque temps, si la Mauritanie n’est pas rentrée en guerre», avant d’ajouter: «avec des conséquences sur le coût de la vie en termes, de restrictions, notamment des libertés nocturnes, je ne dirais pas que ce qui s’est passé est absurde, mais ça interpelle».

Par Amadou Seck (Nouakchott, correspondance)
Le 07/06/2026 à 14h51