Mauritanie. La santé, moteur de croissance économique: à Nouakchott, l’OMS recommande l’investissement privé

Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, DG de l'OMS, et Thiam Tidjani, ministre de la Santé de la Mauritanie, assistant à la signature d'un protocole de partenariat visant à renforcer les investissements responsables et durables dans le secteur de la santé en Mauritanie.

Le 16/07/2026 à 19h42

Vidéo«Nous devons nous souvenir de Nouakchott comme de la capitale où nous avons décidé d’investir autrement.» Ces paroles de Tedros Adhanom Ghebreyesus, patron de l’OMS, en marge du Regional Health Investment Forum – Mauritania 2026, traduisent l’impératif d’impliquer le secteur privé dans le financement de la santé.

Le Centre International des Conférences Moctar ould Daddah de Nouakchott a abrité, les 13 et 14 juillet, le Régional Health Investment sur le thème du renforcement du commerce et de l’investissement inter-OCI dans le secteur pharmaceutique.

Co-organisée par l’Agence de Promotion des Investissements en Mauritanie (APIM), aux côtés du ministère de la Santé, du Centre Islamique pour le Développement du Commerce (CIDC) et de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), cette rencontre vise à promouvoir l’investissement, développer la chaîne des valeurs, impliquer le secteur privé dans l’investissement dans les industries pharmaceutiques et développer la souveraineté sanitaire, en tirant les leçons de la pandémie Covid-19.

Invité d’honneur du Forum, Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), a rappelé qu’«un dollar investi dans la santé génère plusieurs dollars de retour sur investissement».

La rencontre de Nouakchott entend donc convaincre les bailleurs de fonds que la santé, à l’image d’autres domaines d’activité, répond à un impératif social mais est également un moteur de croissance économique. «Nous devons nous souvenir de Nouakchott comme de la capitale où nous avons décidé d’investir autrement. Passons de la stratégie à la mise en œuvre» a lancé le patron de l’OMS.

Pour donner corps à cette vision, l’OMS et l’Agence de Promotion des Investissements en Mauritanie ont signé un protocole de partenariat visant à renforcer les investissements responsables et durables dans le secteur de la santé en Mauritanie.

Dr Sid’El Moctar, cadre de la santé dans le secteur public, décline les enjeux du forum de Nouakchott «les organisateurs et acteurs, participants à ce forum ont pour objectif de créer les conditions d’une collaboration entre le public et le privé, pour investir dans la santé. Nous avons beaucoup de défis, de nombreux enjeux, qui ont été clairement identifiés pendant la pandémie de COVID- 19, avec l’idée d’une industrie pharmaceutique proche des patients au niveau de la sous région».

Maria Ludovica Garucci, chargée des relations extérieures et de la mobilisation des ressources au bureau de l’OMS «nous partons du principe que le financement public de la santé doit être complété par l’engagement du secteur privé. En Mauritanie, on note encore une absence de la Responsabilité Sociétale de l’Entreprise (RSE). Nous travaillons à développer ce volet à travers la signature d’un accord avec l’Agence pour la Promotion de l’Investissement en Mauritanie. Des privés ont commencé à s’engager avec nous».

Enfin, Mohamed Yahya, acteur de la Société Civile, salue les efforts de la Mauritanie à travers «des investissements énormes en matière de santé publique. Mais, il y a encore un aspect important à développer, l’industrialisation en vue de la transformation de l’économie. Cela doit commencer par l’essentiel, la santé».

Par Amadou Seck (Nouakchott, correspondance)
Le 16/07/2026 à 19h42