Une grève générale, mais pas d’unanimité dans les rangs syndicaux. Alors que plusieurs centrales ont engagé un mouvement de 72 heures, du 21 au 23 octobre, pour faire entendre leurs revendications, d’autres organisations refusent de suivre le mot d’ordre.
C’est notamment le cas du Sels Authentique. Pour ce syndicat d’enseignants, le calendrier de la mobilisation est inopportun, alors que les élèves viennent à peine de retrouver le chemin des classes. Son secrétaire général, Pape Marie Sylla, explique les raisons de cette prise de distance, «en ce qui concerne notre secteur, celui de l’éducation, nous estimons que le moment est mal choisi. Les écoles n’ont rouvert leurs portes que depuis une dizaine de jours.»
Dans les transports, autre secteur stratégique de l’économie nationale, le mouvement social fait également sentir ses effets. Pour en atténuer les conséquences sur les déplacements des usagers, l’État a eu recours à la réquisition de travailleurs de Dakar Dem Dikk, une entreprise publique. Du côté des transporteurs privés, en revanche, pas de mot d’ordre de grève cette fois-ci.
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Mais cette non-participation ne signifie pas une absence de solidarité. Habitués eux-mêmes aux mouvements de contestation, certains professionnels du secteur disent comprendre l’exaspération de travailleurs qui estiment avoir épuisé les voies du dialogue.
Amedine Sy, transporteur, rappelle le poids économique de son secteur et la nécessité de prendre au sérieux les revendications sociales. «Lorsque les transports s’arrêtent, c’est l’ensemble des secteurs qui se retrouvent paralysés. Le transport est un moteur de l’économie. Nous comprenons cependant ceux qui ont décidé de faire grève, car ils réclament des choses qui leur semblent réalisables, mais que l’État refuse de leur accorder».
Entre revendications syndicales et contraintes budgétaires, le bras de fer interpelle également les citoyens. Si certains redoutent une aggravation des difficultés quotidiennes, d’autres invitent à tenir compte de la situation économique dont a hérité le pouvoir actuel.
Le Sénégal est confronté à un contexte économique difficile, avec une dette qui atteignait 132% de son produit intérieur brut fin 2024.
Dakar a conclu le 1er septembre un accord de financement avec le Fonds monétaire international en vue de la mise en place d’un programme d’aide de 2,2 milliards de dollars sur 36 mois pour assainir les finances du pays.
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Pour Massiga Diallo, les attentes sont légitimes, mais le redressement du pays exige du temps. Il appelle ainsi les Sénégalais à accorder davantage de patience au président Bassirou Diomaye Faye.
«En tant que citoyen, je demande à la population de faire preuve de patience. Le président Diomaye a trouvé une situation extrêmement difficile à son arrivée au pouvoir. Il ne peut pas satisfaire toutes les revendications en même temps. À mon avis, nous devons lui accorder davantage de temps».
Pour le gouvernement, le défi est désormais double: renouer le dialogue avec les travailleurs sans compromettre les équilibres économiques. Car au-delà du rapport de force, c’est aussi la confiance entre l’État et ses partenaires sociaux qui se joue.
