Un laboratoire sud-africain produira à terme le nouveau traitement contre le VIH pour l’Afrique

Moderna lance la phase 1 des essais pour un vaccin ARN messager contre le VIH.

Moderna lance la phase 1 des essais pour un vaccin ARN messager contre le VIH. . DR

Le 12/05/2026 à 20h19

Un laboratoire sud-africain produira un traitement préventif du VIH extrêmement prometteur, un grand pas pour la souveraineté médicale de l’Afrique, où le taux d’infection à ce virus reste élevé, a annoncé mardi Unitaid, une organisation internationale de santé.

Le lenacapavir, développé par le laboratoire pharmaceutique américain Gilead, est un traitement injectable contre le VIH qui ne doit être administré que deux fois par an.

Selon les experts, sa discrétion représente un progrès immense par rapport aux traitements nécessitant la prise d’une pilule quotidienne, notamment pour les femmes, qui peuvent ainsi se protéger tout en se soustrayant au regard parfois culpabilisant de leurs conjoints.

Les études montrent qu’il réduit de 99,9% le risque de transmission du VIH.

«Avec Gilead, nous avons un accord avec le gouvernement d’Afrique du Sud pour que ce médicament soit produit en Afrique du Sud dans les plus brefs délais», a annoncé Philippe Duneton, le directeur exécutif d’Unitaid, une organisation internationale visant à lutter à moindre coût contre les maladies dans les pays pauvres.

«C’est un pas très important», a-t-il jugé lors du Sommet franco-africain Africa Forward de Nairobi, car «investir dans la production régionale en Afrique des médicaments est absolument indispensable».

L’enjeu avait été mis en lumière pendant la pandémie de Covid, lorsque les pays développés s’étaient largement réservé les doses.

Interrogé par l’AFP, M. Duneton a fait état d’un «accord de principe de Gilead» qui, selon lui deviendra définitif une fois que les autorités sud-africaines auront identifié le laboratoire qui fabriquera une version générique du lenacapavir, un appel d’offre ayant déjà été lancé.

«J’ai toute confiance en ce qui va arriver. (...) Ça prend des mois de discussions. Ça fait des années qu’on discute», a poursuivi le directeur exécutif d’Unitaid, questionné sur sa certitude quant au fait que l’accord de principe se traduira bien par un accord définitif.

Une fois le laboratoire sud-africain choisi, la production effective «va prendre un à deux ans, on espère», a encore jugé Philippe Duneton, pour qui cela va améliorer la «souveraineté» sanitaire du continent africain.

«Lorsqu’il y a des tensions, des compétitions ou des ruptures de chaînes logistiques, c’est mieux d’avoir les médicaments produits près de chez soi. C’est valable partout, en Europe, comme en Afrique», a-t-il estimé.

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 12/05/2026 à 20h19