«L’Afrique accueille, Dakar célèbre», proclament la nuit dans la capitale les panneaux de ces JOJ, signalant que l’heure de l’Afrique et du Sénégal a enfin sonné.
Jusqu’au 13 novembre, 2.665 athlètes de 14 à 17 ans seront sous les feux des projecteurs, et en compétition dans 25 sports et 153 épreuves à médailles.
«Nous accueillons des gens de partout dans le monde qui avaient peut-être une idée très différente de l’Afrique... et ils vont repartir avec, je l’espère, des pensées vraiment positives», a lancé lors d’un point presse jeudi à Dakar la présidente du Comité international olympique (CIO), Kirsty Coventry, ancienne nageuse zimbabwéenne. «Je pense que c’est vraiment important pour le continent», a-t-elle poursuivi.
Athlétisme, lutte de plage, skateboard, basket-ball, rugby à sept, breaking, cyclisme, escrime, aviron de mer... les compétitions se dérouleront sur huit sites, répartis dans trois villes, à Dakar, Diamniadio (à une trentaine de km de Dakar) et Saly (environ 80 km de la capitale), sur la côte.
Culture du sport au Sénégal
Pour donner le coup d’envoi de ces JOJ, une grande cérémonie est prévu samedi soir à Diamniadio.
Au total, 136 athlètes sénégalais sont en lice, ainsi que plus de 6.000 volontaires du Sénégal, pays réputé pour son équipe de foot, sa culture de la lutte et ses spots de surf.
La culture du sport est omniprésente au Sénégal, où les amateurs de foot comme les plus jeunes improvisent des matchs le soir, les week-ends sur les plages, sur les places de villages.
Cette passion est frappante lorsque, la fraîcheur du soir tombée, des centaines de sportifs envahissent quasi quotidiennement l’emblématique corniche de Dakar et ses plages pour faire un footing, de la musculation, des entraînements en groupes, dans une énergie euphorisante.
La quatrième édition de ces JOJ s’ouvre cependant dans un Sénégal très lourdement endetté et plombé par une crise économique et sociale.
Si l’effervescence a gagné Dakar, Diamniadio et Saly, l’évènement a peiné à susciter l’engouement chez une majorité de Sénégalais, bien loin de leurs préoccupations sur des difficultés économiques criantes.
«A partir du démarrage des Jeux olympiques, Dakar sera la capitale de la jeunesse africaine», a estimé de son côté le Premier ministre sénégalais Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô, dans un entretien à l’AFP cette semaine.
«L’Afrique qui reçoit les Jeux olympiques, c’est un symbole», a-t-il relevé, souhaitant que la jeunesse africaine «s’inspire de la devise olympique: plus haut, plus fort, plus vite».
Retour des athlètes russes -
Le CIO ayant levé en juillet la suspension du Comité olympique russe (ROC), ces JOJ seront la première compétition olympique où les athlètes russes pourront à nouveau concourir avec les couleurs, le drapeau et l’hymne russes (en cas de victoire) depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie début 2022.
Selon le ROC, 13 athlètes russes vont participer aux JOJ, en cyclisme, judo, équitation, natation, skateboard, gymnastique sportive, taekwondo, wushu et escrime.
«Les gars sont enthousiastes, c’est une bonne nouvelle qu’on nous ait rendu notre droit légitime de participer avec l’hymne et le drapeau russes», avait lancé à l’AFP Anzor Gaunov, entraîneur de la judoka Anastasia Dobrovolskaya, le 19 octobre à Moscou lors d’une rencontre avec les athlètes russes avant leur départ.
Il appartient cependant aux fédérations internationales de chaque discipline d’autoriser ou non la participation des Russes dans ces conditions.
Pour le CIO, les JOJ-2026 sont aussi «l’occasion de mettre en valeur la richesse culturelle du Sénégal et le rôle croissant de l’Afrique dans le mouvement olympique».
L’Afrique du Sud pourrait ainsi devenir le premier Etat africain à accueillir les Jeux olympiques - après avoir déjà ouvert la voie en 2010 pour la Coupe du monde de football. Le pays est officiellement en lice pour les JO d’été de 2036.
