Tunisie: l’UE préoccupée par les condamnations définitives dans l’affaire du «complot contre l’État»

Des centaines de Tunisiens manifestent à Tunis contre le président Kaïs Saied, dénonçant les coupures d'électricité et les pénuries d'eau potable.

Le 05/09/2026 à 06h27

L’Union européenne a fait part de sa préoccupation vendredi après la confirmation par la Cour de cassation tunisienne des lourdes peines infligées à une quarantaine de personnes, dont des figures de l’opposition, dans l’affaire du «complot contre la sûreté de l’État».

Parmi les personnes incarcérées dans ce dossier figurent l’opposant historique Ahmed Néjib Chebbi, l’avocat Ayachi Hammami, le responsable du parti islamiste Ennahdha Abdelhamid Jlassi, l’ex-ministre centriste Ghazi Chaouachi et la militante Chaïma Issa.

«L’Union européenne a pris acte avec préoccupation des verdicts confirmés par la Cour de cassation tunisienne le 3 septembre dans le procès dit du +complot contre la sûreté de l’État+, qui a conduit à de longues peines de prison pour des dizaines de personnalités politiques, d’activistes, défenseurs des droits de l’homme et de journalistes, dont des citoyens de l’Union européenne», a réagi un porte-parole de la diplomatie européenne, Christian Wigand.

«Certaines interrogations subsistent quant au plein respect des garanties liées à un procès équitable», a estimé Bruxelles.

«L’Union européenne déplore que des contacts avec des diplomates accrédités en Tunisie, y compris européens, aient été utilisés comme motif d’inculpation ou élément à charge», a ajouté le porte-parole.

«Nous appelons les autorités tunisiennes à rétablir les conditions nécessaires pour que le pluralisme et les voix indépendantes puissent contribuer au développement du pays», a-t-il conclu.

Jeudi, la Cour de cassation tunisienne a rejeté un recours dans cette affaire, rendant ainsi définitives ces condamnations à de lourdes peines, jusqu’à 45 ans de prison.

Jusqu’à 45 ans de prison

La tenue de l’audience avait été vivement critiquée, plusieurs avocats dénonçant une date annoncée au dernier moment, les empêchant de préparer convenablement leur défense dans cette affaire aux lourds enjeux politiques.

Amnesty International avait, avant l’audience, exhorté les autorités tunisiennes à annuler les condamnations, qu’elle juge «iniques», et à libérer les détenus.

Depuis le coup de force du président Kais Saied le 25 juillet 2021, par lequel il s’est octroyé les pleins pouvoirs, opposition et société civile déplorent un recul des droits et libertés dans le pays qui fut le berceau du Printemps arabe.

Par Le360 (avec AFP)
Le 05/09/2026 à 06h27