«Dégage!», «Ni eau, ni électricité, il n’y a que prison et hausse des prix», ont scandé les manifestants.
«Nous sommes sortis aujourd’hui pour demander des comptes» et dénoncer les «dysfonctionnements», a dit à l’AFP Wissem Sghaier, porte-parole du parti d’opposition Al Joumhouri.
«Cette marche est un appel populaire, un appel citoyen pour retrouver les valeurs et les principes de la République», a de son côté affirmé l’universitaire Mouldi Gassoumi.
Porté par un discours de probité et de rupture avec la classe politique traditionnelle, Kaïs Saied avait été élu président de la Tunisie en 2019 par une large majorité.
Le 25 juillet 2021, jour de la fête de la République tunisienne, il avait suspendu le Parlement et concentré les pouvoirs exécutifs.
Opposition et ONG dénoncent depuis un recul des droits et libertés. De nombreux opposants ont été condamnés à de lourdes peines de prison et plusieurs figures politiques, journalistes, avocats et militants sont en détention ou en exil.
Les coupures de courant sont programmées afin d’alléger la pression sur un réseau électrique dépassé par la demande, notamment due à la climatisation. Elles ont attisé la colère et l’inquiétude, notamment pour les hôpitaux.
Samedi, l’Organisation tunisienne des jeunes médecins (OTJM) a appelé à aider le personnel de santé par des dons, notamment de «glace alimentaire» pour les patients souffrant de coups de chaleur, et exhorté les étudiants en médecine à se porter volontaires dans les services d’urgence.
Le président de l’OTJM a affirmé cette semaine sur Facebook que, selon des données recueillies par de jeunes médecins, entre 150 et 200 décès liés à des coups de chaleur avaient été enregistrés ces derniers jours.
Les autorités n’ont communiqué aucun bilan officiel. Sollicité par l’AFP, le ministère de la Santé n’a pas répondu.
