Annoncé le 1er septembre 2026, à l’issue d’une mission du FMI à Dakar du 19 août au 1er septembre, le nouveau programme conclu entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI) ne fait pas l’unanimité.
Si le gouvernement y voit un levier pour rétablir les équilibres macroéconomiques, rassurer les partenaires financiers et mobiliser plus de deux milliards de dollars sur trois ans, une partie de l’opinion publique reste sceptique.
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Parmi les citoyens attachés à une plus grande souveraineté économique, beaucoup redoutent que cet accord ne s’accompagne de mesures difficiles à assumer pour les ménages, notamment une réduction progressive des subventions, une hausse du coût de la vie et ce que certains assimilent à un nouvel ajustement structurel.
Bamba Diop: «cette hausse ne se limitera pas au carburant. Les denrées de première nécessité suivront également. Nous constatons, et nous le déplorons, que le gouvernement a pris un certain nombre d’engagements pour bénéficier des financements du FMI. Nous craignons que cela ne débouche sur un ajustement structurel dont les premières victimes seront les populations.»
Pour de nombreux citoyens, si des réformes économiques s’imposent, elles doivent impérativement s’accompagner de mesures sociales fortes. Ils appellent l’État à protéger le pouvoir d’achat à travers la création d’emplois, une meilleure maîtrise des prix et une revalorisation des salaires afin d’amortir les effets des réformes annoncées.
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Moustapha Diop, enseignant: «nous ressentons une paupérisation de plus en plus marquée. Les prix des denrées alimentaires augmentent continuellement, alors que les salaires restent pratiquement inchangés. À cela s’ajoute un chômage particulièrement élevé. Cette combinaison risque d’aggraver davantage les difficultés sociales auxquelles les populations sont déjà confrontées.»
Ibrahima Ba: «les prix augmentent de jour en jour et l’on annonce déjà d’autres hausses dans les semaines à venir. C’est une situation très préoccupante. Les autorités doivent redoubler d’efforts pour créer davantage d’emplois et améliorer les revenus des travailleurs afin que les familles puissent faire face à leurs dépenses quotidiennes.»
Moustapha Diop, enseignant: «lorsque les prix augmentent, il n’existe que deux solutions: soit les revenus suivent cette évolution, soit l’État agit pour stabiliser les prix. À défaut, les populations auront de plus en plus de difficultés à vivre dignement.»
Quelques jours après avoir obtenu un important financement de la Banque mondiale, le gouvernement est parvenu à un accord au niveau des services avec le FMI en vue d’un nouveau programme économique de trente-six mois.
Cet accord prévoit des réformes destinées à rétablir les finances publiques, à renforcer la transparence budgétaire et à réduire progressivement certaines dépenses de soutien, notamment des subventions jugées coûteuses.
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Si l’exécutif assure que ces mesures permettront de remettre durablement l’économie sur de meilleurs rails, plusieurs économistes soulignent qu’elles pourraient, à court terme, exercer une pression supplémentaire sur le coût de la vie si elles ne sont pas accompagnées de mécanismes de protection des ménages les plus vulnérables.
Najib Sagna, journaliste: «l’accord avec le FMI est désormais une réalité. C’est précisément le scénario que certains voulaient éviter. Aujourd’hui, il est indispensable de penser au portefeuille des citoyens et au panier de la ménagère. Si les prix continuent de flamber alors que les salaires stagnent, un profond déséquilibre social risque de s’installer. Ce déséquilibre doit être anticipé et corrigé, car s’il perdure, il pourrait nourrir un climat de forte contestation sociale.»
Au-delà des débats économiques, une certitude s’impose : la réussite de ce programme dépendra autant de la restauration des équilibres budgétaires que de la capacité des autorités à préserver le pouvoir d’achat des Sénégalais.
Car si les réformes sont souvent nécessaires, elles ne produisent leurs effets que lorsqu’elles sont socialement acceptées. C’est à cet équilibre délicat entre rigueur économique et justice sociale que sera désormais jugée l’action du gouvernement.
