En 2025, l’Afrique a produit autour de 1,23 million de véhicules dont 868.714 ont été exportés par les pays producteurs vers le reste du monde, selon les données compilées de Naamsa -National association of automobile manufacturers of South Africa-, de Renault Group Maroc et de Tanger Med.
Alors que plus de 91,10% de la production est le fait de l’Afrique de Sud (53,3%) et du Maroc (40,8%), l’exportation est quasi exclusivement assurée par ces deux pays. Ces dernier ont expédié 868.714 unités en 2025, un volume en baisse de 6,60% par rapport à celui de 2024 (930.000 unités). Ce recul est est dû à la baisse des exportations marocaines.
En valeur, les exportations de l’Afrique du Sud et du Maroc ont généré 19,4 milliards de dollars, en hausse de 6,06% par rapport à celui de l’exercice précédent. À noter que les exportations de véhicules des deux pays ont représenté 59,20% des exportations des secteurs automobiles (véhicules, composants automobiles, moteurs et pièces de moteurs) des deux pays qui se sont établies à 32,80 milliards de dollars, en hausse de 9,33%.
Lire aussi : Automobile: à eux seuls, l’Afrique du Sud et le Maroc assurent 91% de la production africaine
Au Maroc, le secteur automobile (véhicules, composants automobiles,…) représente 32,94% des exportations totales du pays, contre 15% pour l’Afrique du Sud.
Le marché européen demeure le principal débouché grâce notamment aux accords de libre-échange signés par le Maroc et l’Afrique du Sud avec l’Union Européenne et aux liens qui existent entre les constructeurs automobiles du vieux continent qui sont implantés en Afrique (Renault, Stellantis, BMW, Mercedes, Volkswagen…).
Maroc: l’automobile, premier secteur exportateur
L’automobile marocaine a conservé en 2025 sa place de premier secteur exportateur du Royaume avec un volume de 154,4 milliards de dirhams, soit 16,54 milliards de dollars (au cours moyen 2025 de 1 dollar = 9,34 dirhams), représentant 32,94% de la valeur des exportations totales marocains de l’année dernière (469,07 milliards de dirhams). Les expéditions du secteur devancent de très loin ceux des phosphates et dérivées (99,8 milliards de dirhams), de l’agriculture et l’agroalimentaire (86,83 milliards de dirhams),…
Les exportations du secteur automobile marocain comprennent les véhicules (61,3 milliards de dirhams), le câblage (57,80 milliards de dirhams), le powertrain-moteur, pièces de moteurs,..- (25,8 milliards de dirhams) et les intérieurs de véhicules et sièges (9,6 milliards de dirhams). Ainsi, les exportations de véhicules ont représenté seulement 39,70% des exportations en valeur du secteur automobile marocain en 2025.
Lire aussi : Construction automobile: l'Afrique du sud et le Maroc comme locomotives
Pour ce qui est des exportations de véhicules, le Maroc en a exporté 454.443 en 2025, soit 90,53% de la production totale du pays (501.965 unités). Les expéditions automobiles ont reculé de 15,74% par rapport à l’année précédente à cause d’une demande du marché mondial un peu atone et des problèmes techniques et logistiques qui ont affecté Stellantis Maroc: rappel de véhicules équipés de moteurs défaillants sur le marché européens, opérations de maintenance sur les chaines de montage,…
Dans le détail, selon les données de Tanger Med, les deux terminaux à véhicules du complexe portuaire ont manutentionné 327.569 véhicules exportés (-11%) par les usines de Renault Group Maroc de Melloussa (Tanger) et Somaca (Casablanca) et 126.874 véhicules exportés par l’usine Stellantis de Kenitra.
Ainsi, plus de 83% de la production de Renault Group Maroc a été exporté en 2025 (95% de la production de l’usine de Melloussa et 47% de Somaca), alors que les expéditions de Stellantis ont dépassé la production de l’année dernière à cause des ajustements de la production en fonction de la demande, des stocks de véhicules non expédiés l’année précédentes et les expéditions de véhicules de micromobilité (Citroën Ami, Opel Rocks-e…)
Globalement, les expéditions de véhicules ont reculé de 15,74% en 2025 par rapport à l’année précédente. Malgré cela, le Maroc surclasse l’Afrique du Sud qui n’a expédié que 414 271 unités en 2025 et s’assure d’une part de marché de 52,31% au niveau des exportations de véhicules produits au niveau du continent africain.
Lire aussi : ZLECAf et industrie automobile: l’harmonisation des chaînes de valeur en rodage
La Dacia Sandero est le véhicule particulier «made in Morocoo» le plus vendu sur le marché européen. Les autres modèles sont la Dacia Logan, Renault Kardian, Peugeot 208 et les véhicules de micromobilité (Citroën Ami, Opel Rocks-e,…).
En ce qui concerne la destination des exportations, les véhicules marocains sont expédiés vers plus de 70 pays. Toutefois, l’Union européenne demeure le principal client en absorbant autour de 80% des expéditions. La France, l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne et le Royaume Uni sont les principaux marchés des véhicules automobiles.
En valeur, les exportations de véhicules ont généré un chiffre affaires de 61,30 milliards de dirhams en 2025, soit 6,56 milliards de dollars, en baisse de -13,6%, à cause de la baisse des quantités expédiées.
Lire aussi : Automobile. "Made in Africa": voici quelques modèles de véhicules conçus et produits en Afrique
Du côté des perspectives, après la baisse enregistrée en 2025, on note une reprise des exportations au début de 2026. En valeur, les expéditions de véhicules ont généré près de 17 milliards de dirhams de chiffre d’affaires au premier trimestre 2026, en hausse de 23,7% par rapport à la même période de l’année dernière. Le secteur automobile (véhicules, composants automobiles, powertrain, intérieur des véhicules & sièges) a généré un volume d’affaires à l’export de 42 milliards de dirhams, en augmentation de 12,1%.
Afrique du Sud: les exportations ont rapporté 12,84 milliards de dollars, un record
Les exportations du secteur automobile sud-africain se sont établies à 291 milliards de rands en 2025, soit 16,26 milliards de dollars (au cours de 1 dollar = 17,89 rands). Celles-ci sont largement dominée par les expéditions de véhicules (229,8 milliards de rands), devant les composants automobiles (61,2 milliards de rands). Les exportations du secteur ont représenté 15% des exportations totales sud-africaines.
Les exportations de véhicules se sont établies à 414.271 unités en 2025, en hausse de 5,9% (+23.143 unités), par rapport à la même période de l’année précédente, et ce malgré un contexte mondial difficile et la «surtaxe» douanière de Trump sur l’automobile qui a impacté négativement sur les expédition vers les États-Unis. Cette hausse des exportations témoigne de la résilience du secteur qui a su s’adapter à l’évolution de l’environnement et à trouver de nouveaux débouchés à l’international.
Lire aussi : Afrique du Sud: avec Trump, l’industrie de l’auto tremble
En volume, les exportations ont représenté 67,02% de la production automobile du pays en 2025 (618.077 unités). Au niveau des véhicules légers, 70,5% de la production a été exportée dont 78% de la production de voitures particulières.
Le pays compte une gamme large de constructeurs implantés dont Volkswagen, BMW, Mercedes, Toyota, Ford, Isuzu, Iveco, Hyundai…offrant une gamme diversifiée de véhicules dont des berlines, des bus, des camions… Parmi les modèles les plus exportés figurent Volkswagen Polo, BMW X-3, Toyota Corrola (berline Corolla et SUV Toyota Corolla Cross), Mercedes C-Class, Toyota Hilux, Nissan Navara, Ford Ranger,…
Les exportations marocaines et sud-africaines de véhicules ont atteint 868.714 unités en 2025, soit 70,63% de la production totale africaine. Elles ont généré un chiffre d'affaires de 19,41 milliards de dollars.
En valeur, les exportations de véhicules ont généré un chiffre d’affaires de 229,8 milliards de rands, soit 12,84 milliards de dollars. Bien qu’ayant exporté moins de véhicules que le Maroc, l’Afrique du Sud a généré un volume d’affaires beaucoup plus important au niveau du segment véhicules. Cette situation s’explique essentiellement par la valeur supérieure des modèles exportés. Alors que les exportations marocaines de voitures sont dominée par Dacia Sandero et Peugeot 208, celles de l’Afrique sont dominées par les modèles Polo, Golf, BMW X3, Mercedes Classe C,…
Lire aussi : Automobile: comment le Maroc a ravi à l’Afrique du Sud la place de numéro 1 africain
Au niveau des débouchés, le secteur automobile sud-africain bénéficie des accords de libre-échange avec d’autres partenaires. Toutefois, à l’instar du Maroc, l’Union européenne et le Royaume-Uni sont les principaux clients du secteur automobile sud-africain. Entre véhicules et composants automobiles, la région a représenté 182,8 milliards de rands de chiffre d’affaires, soit 62,8% de la valeur totale des exportations du secteur automobile sud-africain. En ce qui concerne les véhicules, les exportations se sont établies à 332.695 unités, en hausse de 12,5%, pour une valeur de 160,49 milliards de rands, en augmentation de 21,7%.
Une situation facilitée par les accords commerciaux avec ces deux régions. Les véhicules légers ont été la principale catégorie d’exportation. La région a absorbé 80% des exportations automobile sud-africaines et 36,5% de la valeur des exportations de composants automobiles. C’est dire la dépendance du secteur automobile sud-africain aux importations européennes.
Loin derrière, suit le marché africain, seconde région d’exportation de l’industrie automobile sud-africaine, avec 49,5 milliards de rands, soit 17% des exportations automobiles du pays, en légère hausse de 2,8%. Le continent constitue une priorité pour l’industrie automobile sud-africain qui expédient des véhicules, des kits et des composants automobiles vers d’autres pays du continent qui se sont lancés dans des projets de montage de voitures.
Du côté des perspectives, le Maroc et l’Afrique du Sud, qui ont construit durant des décennies des écosystèmes solides, doivent faire face à de nombreux défis. D’abord, il y a la concurrence des marques chinoises qui gagnent des parts de marchés un peu partout dans le monde, au détriment de certaines marques européennes présentes en Afrique dont Mercedes, BMW, Renault… Ensuite, les deux pays sont très fortement dépendants du marché européen qui absorbent plus de 80% de leurs exportations automobiles.
En outre, il y a l’impact des politiques protectionnistes adoptées par certains pays. C’est le cas des États-Unis qui ont imposé des surtaxes douanières de 25% sur les importations automobiles. Une décision qui a fait chuter les exportations sud-africaines de véhicules vers les États-Unis de -74,40%, passant de 25.554 unités en 2024 à seulement 6.530 l’année dernière.
Lire aussi : Automobile: comment certains pays africains accélèrent la transition vers les véhicules propres
Enfin, la plus grande menace pour les exportations automobile africaines est le virage mondial vers les voitures électriques. Actuellement, la quasi-totalité des exportations de voitures particulières et commerciales du continent est constitué de véhicules à moteur thermique. Or, l’Union Européenne est engagée dans un processus visant à mettre fin aux voitures thermiques.
Une option qui risque d’accentuer la menace de décrochage des exportations automobiles du continent au fur et à mesure que le marché européen se réoriente vers l’électrique. Et même si les pays africains entament ce virage, cela risque d’être insuffisant face aux nouvelles exigences européennes. En effet, face à une concurrence étrangère féroce, notamment chinoise, l’Union européenne a introduit un seuil de 70% de contenu local «Made in EU» pour l’accès aux subventions vertes.
L’Industrial accelerator act, présenté le 4 mars 2026, en instaurant une préférence communautaire explicite, redéfinit profondément les règles du jeu pour les partenaires industriels, exclut de facto les partenaires extérieurs à l’Espace économique européen et place les deux exportateurs africains d’automobile dans une position délicate. Une situation qui risque de freiner les exportations de voitures électriques africaines vers le marché européen.






