Bamako. Salon Wassa Karité ou comment transformer du beurre artisanal en or massif

Exposantes au salon Wassa Karité de Bamako

Le 30/08/2026 à 13h55

VidéoLe Mali est le deuxième producteur d’amandes de karité au monde et couvre près de 20% de la demande mondiale. Cependant, ce qui est qualifié de «l’or des femmes», prisé du secteur de la cosmétique et de l’agroalimentaire, souffre d’une industrialisation rudimentaire. D’où la tenue du 3e salon international dédié, porté par l’ambition d’ériger cette ressource naturelle et ce savoir-faire en secteur pourvoyeur de richesses et d’emplois. En en 2026, le marché mondial du beurre de karité est évalué à 3,43 milliards de dollars.

La 3ᵉ édition du Salon de Vie Karité et des Produits Locaux s’est tenue jeudi 27 août 2026 au Centre international de conférences de Bamako. Organisée par l’ONG Wassa Karité, la rencontre était placée sous le thème «Valoriser le karité et les produits locaux pour l’autonomisation des femmes et le développement durable».

Selon l’initiatrice de ce salon, Diakité Mariam Koné, l’ONG Wassa Karité, «œuvre pour la promotion socio-économique et sociale des femmes productrices de karité en milieu rural. Environ cent femmes ont pris part à ce salon avec leurs produits et ont constaté qu’il y a eu beaucoup d’amélioration dans le conditionnement et du paquetage des produits locaux».

La filière du beurre de karité est assurée à plus de 95% qui font du Mali «le deuxième plus important producteur d’amandes de karité au monde, avec une production couvrant approximativement 20% de la demande mondiale» selon le Société Financière Internationale du groupe de la Banque mondiale. Cette dernière s’est impliquée en 2020 dans la filière par un prêt de 2,5 millions de dollars à Mali Shi, une entreprise de transformation d’amandes de karité située à la périphérie de Bamako.

Le beurre de karité, arbre des savanes d’Afrique de l’Ouest, est très prisé du secteur de la cosmétique et de l’agroalimentaire, et peut même constituer un substitut au beurre de cacao.

Ces multiples usages portent la taille du marché mondial du beurre de karité à 3,43 milliards de dollars en 2026 et devrait atteindre 6,75 milliards de dollars d’ici 2035 d’après une estimation de Business Research.

Et c’est une partie non négligeable de cette manne qui échappe encore à celles qui assurent l’essentiel des tâches de transformation, du ramassage des noix, du concassage en passant par le lavage, le séchage et le filtrage jusqu’à obtenir l’huile finale, le beurre de karité à partir duquel seront fabriqués divers produits cométiques.

Au Salon de Bamako, la présidente fondatrice de l’ONG Wassa Karité estime que «le Mali produit en quantités importantes du karité qui renferme beaucoup de vertus thérapeutiques. Le karité est aussi utilisé dans l’agroalimentaire et dans la cosmétique».

Elle conclut en disant «qu’avant, le karité était exporté à l’état brut, mais il est important d’aller vers la promotion de l’industrialisation du karité afin de booster l’économie malienne».

Dr Fatoumata Traoré évolue dans la valorisation du karité depuis très longtemps, «j’expose les produits dérivés du karité et des huiles végétales, tels que les laits, les crèmes, les baumes, et les huiles végétales conditionnées. Ce Salon est une belle initiative qui donne de la visibilité aux entreprises qui sont dans le secteur de la cosmétique».

Elle précise que «mon laboratoire est certifié ISO 22716. J’attends de cette manifestation surtout la facilitation dans la certification bio du beurre de karité, beaucoup plus demandé des l’exportateurs».

Enfin, Sidibé Aminata Diallo, cliente et écologiste, estime que «cette 3e édition a permis de mesurer les défis auxquels se heurtent les femmes qui opèrent dans le beurre du Karité. Je espère que les recommandations qui ont été faites concernant la modernisation de toute la filière seront prises en compte».

Par Diemba Moussa Konaté (Bamako, correspondance)
Le 30/08/2026 à 13h55