Dans la préfecture de Macenta, la récolte du café bat son plein. Au milieu des plantations, les producteurs s’activent pour cueillir les précieux grains.
Mais derrière cette activité, essentielle à nombreuses familles, le quotidien reste marqué par plusieurs difficultés, confie Zoseph Guilovogui, producteur de café: «Avant la mise en culture, il faut procéder au défrichement qui commence généralement en juin ou en juillet. Mais nous rencontrons des difficultés, car le défrichement n’est pas facile et il est difficile de trouver de la main-d’œuvre».
Selon différentes sources, la Guinée produit annuellement près de 18.000 tonnes de café et fait partie du Top 20 mondial dominé par les Brésil qui en produit un peu moins de 3,5 millions de tonnes.
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Au-delà des travaux agricoles, les producteurs doivent aussi faire face à une autre difficulté: la maîtrise du prix de vente de leur récolte.
Jean Amara Tolno, conseiller agricole, explique: «la chaîne de valeur n’est pas respectée. Les producteurs ne sont pas accompagnés de la production jusqu’à la commercialisation. Sans un accompagnement de l’État, la revente de la récolte devient très difficile, puisque les commerçants viennent imposer leurs prix».
Faute de moyens financiers, certains producteurs se tournent vers les commerçants avant même la récolte, compromettant leur capacité à négocier les prix.
Moïse Guilavogui, également conseiller agricole explique: «le producteur est souvent obligé de solliciter des avances auprès des commerçants. À la récolte, au lieu de fixer le prix il se retrouve à demander au commerçant combien il serait prêt à payer et le producteur accepte le prix qu’on lui propose. Entre 2024 et 2025, le prix du café a atteint, pour la première fois, 50.000 francs guinéens. Mais cette hausse n’a pas duré longtemps. Cette année, nous constatons une nette amélioration de la production. Sur le marché, le café se négocie actuellement entre 15.000 et 20.000 francs guinéens».
Dans les plantations de Macenta, les producteurs poursuivent la récolte avec l’espoir de mieux valoriser leur travail. Pour eux, l’enjeu est désormais de renforcer l’accompagnement de la filière, de la production jusqu’à la commercialisation, afin que les efforts consentis dans les champs se traduisent par des revenus plus stables.
