Afrique du Sud: la justice ordonne la reprise du procès Zuma dans une affaire de corruption

L'ex-président Jacob Zuma.

Le 14/05/2026 à 15h01

Un tribunal sud-africain a ordonné jeudi la reprise d’un procès pour corruption, maintes fois reporté, visant l’ex-président Jacob Zuma, accusé d’avoir touché il y a plus de 25 ans des pots-de-vin du groupe français de défense Thales, également poursuivi.

L’ex-chef de l’État (2009-2018), âgé de 84 ans, doit répondre de 16 chefs d’accusation de fraude, corruption et racket liés à l’achat, en 1999, de matériel militaire auprès de cinq sociétés d’armement européennes alors qu’il était vice-président.

Il est accusé d’avoir empoché plus de quatre millions de rands (environ 600.000 dollars au taux de l’époque, 513.000 euros), notamment du groupe français Thales, qui était une des entreprises attributaires du juteux contrat d’une valeur globale avoisinant 2,8 milliards d’euros.

Le géant français de la défense est également poursuivi pour corruption et blanchiment. M. Zuma, comme Thales, ont toujours nié ces accusations.

Le dossier a connu de nombreux reports et rebondissements et jeudi, le juge Nkosinathi Chili, du tribunal de Pietermaritzburg (est de l’Afrique du Sud), a estimé que le procès, débuté en mai 2021, devait reprendre «dans l’intérêt de la justice», rejetant une nouvelle demande de report.

«Sans l’intervention de cette cour, il existe un risque de grave injustice ou de discrédit de l’administration de la justice», a-t-il statué. M. Zuma n’était pas présent à cette audience.

Élu une première fois président en 2009, l’ancien pilier du Congrès national africain (ANC) avait été poussé à la démission en 2018 par son propre camp avant la fin de son second mandat après une série de scandales.

Sa longévité malgré la multiplication des scandales lui avait valu en Afrique du Sud le surnom de président «Teflon».

En 2021, il avait été condamné à 15 mois de prison pour avoir obstinément refusé de témoigner devant une commission d’enquête sur la corruption rampante au cours de ses neuf années au pouvoir.

Son incarcération en juillet 2021 avait déclenché, dans un contexte socio-économique morose, des violences sans précédent depuis l’avènement de la démocratie dans le pays en 1994, faisant plus de 350 morts.

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 14/05/2026 à 15h01