Gabon et Guinée équatoriale signent un accord pour mettre fin à un différend territorial

Le 29/07/2026 à 08h05

VidéoLe Gabon et la Guinée équatoriale ont signé mardi au siège de l’Union africaine (UA) à Addis Abeba un accord pour mettre fin, un an après une décision de justice en faveur de Malabo, à un différend territorial vieux d’un demi-siècle.

Depuis le début des années 1970, les deux voisins d’Afrique centrale se disputent Mbanié, une île d’une trentaine d’hectares, et deux îlots plus petits, Cocotiers et Conga, trois territoires situés dans des eaux potentiellement riches en pétrole.

En mai 2025, la Cour internationale de justice (CIJ), plus haute juridiction de l’ONU, avait donné raison à la Guinée équatoriale dans ce litige.

Lors d’une cérémonie au siège de l’UA, le ministre équato-guinéen des Affaires étrangères, Simeón Oyono Esono Angue, et le président du Conseil constitutionnel gabonais, Dieudonné Aba’a Owono, ont signé un accord dans lequel les deux pays s’engagent à respecter la décision de la CIJ.

«Cette affaire est réglée de manière définitive», a affirmé le ministre équato-guinéen, ajoutant que les deux pays devaient désormais «aller de l’avant».

Cet accord ouvre «une nouvelle ère de coopération avec la Guinée équatoriale», a estimé de son côté M. Aba’a Owono.

Le texte a également été signé par Mahamoud Ali Youssouf, président de la Commission de l’UA, qui s’est félicité que soit résolu «un différend frontalier qui n’a que trop duré».

En 1900, la France et l’Espagne, alors puissances coloniales, avaient signé à Paris un traité établissant les frontières entre leurs possessions voisines, celles de la côte du Sahara (futurs Mauritanie et Sahara occidental) et celles du golfe de Guinée (futurs Gabon et Guinée équatoriale).

Cet accord attribuait à l’Espagne la souveraineté notamment sur les îlots Mbanié, Cocotiers et Conga. Mais Libreville soutient qu’un traité ultérieur, la convention de Bata, signée en 1974 entre le Gabon et la Guinée équatoriale indépendants lui confère la souveraineté sur les îles.

Les deux pays avaient demandé à la CIJ de se prononcer sur la validité de divers textes et accords, pas de déterminer quelle nation détient la souveraineté sur ces îles.

La CIJ a estimé que le titre légal sur les îles était détenu par l’Espagne qui l’a ensuite transmis à la Guinée équatoriale lorsque celle-ci est devenue indépendante en 1968.

Les îlots sont minuscules et pratiquement inhabités, mais se trouvent dans une zone potentiellement riche en pétrole et en gaz, à une dizaine de kilomètres de la terre équato-guinéenne la plus proche et à une vingtaine de kilomètres des côtes du Gabon.

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 29/07/2026 à 08h05