Dakar, la capitale qui se noie dans des difficultés urbaines et sous les eaux usées

Ruelle de Dakar

Le 12/09/2026 à 11h47

VidéoPrès d’un Sénégalais sur quatre habite Dakar dont la superficie ne dépasse guère 0,3% du territoire national. Lorsqu’une ville arrive à ce point de saturation, elle se noie dans des problèmes d’assainissement et sous les eaux de pluie. Plus grave, le comportement de certains contribue au débordement de difficultés urbaines qui compliquent la tâche des autorités locales. Reportage.

Malgré les investissements de ces dernières années, les problèmes d’assainissement continuent de peser sur le quotidien des Dakarois. Entre croissance démographique, urbanisation rapide et comportements inciviques, les causes sont multiples et les solutions nécessitent une mobilisation collective.

Pour certains habitants, la forte croissance de la population a largement dépassé les capacités des infrastructures. «L’assainissement constitue aujourd’hui un véritable défi à Dakar. La croissance démographique a été si rapide que les infrastructures n’ont pas suivi. Cette urbanisation parfois désordonnée entraîne non seulement des embouteillages, mais aussi de réelles difficultés dans l’évacuation des eaux de pluie et des eaux usées», explique Alain Abdoulaye Ndiour.

Mais il faut souligner que la capitale du Sénégal enregistre la plus forte croissance urbaine du pays. En avril dernier, L’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) estimait la population du Sénégal à 19.075.959 habitants en 2025. La région de Dakar est la zone la plus densément peuplée, concentrant près de 22% de la population totale sur une superficie qui ne dépasse pas 0,3% du territoire national.

Cette saturation favorise l’apparition de certains comportements qui compliquent la gestion d’une ville comme Dakar. «Aujourd’hui, avec la puissance des réseaux sociaux, certains préfèrent dénoncer les autorités plutôt que de reconnaître leur propre responsabilité. Il arrive que des habitants raccordent clandestinement les évacuations de leurs maisons au réseau de l’ONAS, détournant ainsi les installations de leur fonction initiale. Ces branchements illégaux sont malheureusement nombreux et contribuent fortement aux dysfonctionnements du système d’assainissement», avance Libasse Mboup, membre d’une ASC.

Face à cette réalité, d’autres appellent à une prise de conscience collective et à un engagement de tous les acteurs.

«Le cadre de vie est une responsabilité que nous partageons tous. Élus, autorités administratives, responsables politiques et citoyens vivent les mêmes difficultés. C’est ensemble que nous devons agir pour améliorer notre environnement. J’invite particulièrement la jeunesse à accompagner les élus locaux afin que nous puissions, collectivement, réaliser les changements attendus», Moussa Diagne.

Au-delà des investissements publics, l’amélioration de l’assainissement à Dakar dépendra aussi du civisme des populations et d’une meilleure planification urbaine. Car sans une responsabilité partagée entre l’État, les collectivités et les citoyens, ce défi structurel continuera de compromettre le cadre de vie des habitants de la capitale.

Par Moustapha Cissé (Dakar, correspondance)
Le 12/09/2026 à 11h47