Dans ce pays d’Afrique de l’Ouest dirigé d’une main de fer par M. Doumbouya, arrivé au pouvoir par un coup d’Etat en 2021 avant d’être élu président en décembre 2025, la Haute autorité de la communication (HAC) a suspendu à de nombreuses reprises des médias par le passé.
La HAC justifie sa décision de jeudi par le «maintien des propos incriminés», alors que sur son site internet France 24 a reconnu avoir «qualifié par erreur (M. Doumbouya) de président putschiste».
La chaîne a également affirmé mercredi soir à l’AFP qu’elle allait «présenter ses excuses et rectifier cette erreur à l’antenne».
Mercredi, le régulateur avait exprimé une protestation formelle parce que France 24 avait «délibérément utilisé un qualificatif inapproprié pour désigner le chef de l’Etat».
Dans un journal télévisé du 14 septembre, un présentateur avait qualifié Mamadi Doumbouya de «président putschiste».
M. Doumbouya est arrivé au pouvoir par un coup d’Etat en 2021, avant de se faire élire président de la République en décembre 2025 à l’issue d’un scrutin sans opposant d’envergure.
La HAC a demandé à France 24 d’«opérer les rectifications éditoriales nécessaires sur l’ensemble de ses canaux numériques».
L’extrait où M. Doumbouya est qualifié de «président putschiste» était toujours visible sur le site internet de la chaîne jeudi matin.
La chaîne a déjà été interdite au Mali, au Burkina Faso et au Niger, trois pays sahéliens dirigés par des régimes militaires souverainistes, qui se sont détournés de la France pour se rapprocher politiquement et militairement de la Russie.
France 24 n’émet pas non plus au Togo, où elle avait été suspendue en 2025, initialement pour trois mois, mais où elle n’a pas été rétablie depuis.
La HAC a également retiré mercredi son accréditation de presse au correspondant du journal Jeune Afrique pour «manquements professionnels», sans préciser les articles incriminés.
Depuis l’arrivée au pouvoir du général Doumbouya, les principaux partis politiques ont été dissous, les manifestations, interdites, sont réprimées et de nombreuses voix dissidentes ont été arrêtées, condamnées, poussées à l’exil ou sont portées disparues.
Ces dernières années, l’accès à internet et/ou aux réseaux sociaux a été restreint à plusieurs reprises.
