La visite de travail effectuée mardi au Burkina Faso par le nouveau président béninois, Romuald Wadagni, constitue un événement continental majeur. Au-delà de son caractère protocolaire, cette rencontre s’inscrit dans une volonté affirmée de revitaliser les liens historiques et séculaires qui unissent le Burkina Faso et le Bénin.
«Aujourd’hui, il sera difficile pour le Bénin de mener une politique intérieure sans influences françaises, alors nous nous posons la question de savoir s’il s’agit d’un rapprochement sincère visant à résoudre les difficultés économiques et les tensions entre les pays de l’AES. Sur le plan sécuritaire, je me demande s’il sera possible de coopérer avec le Bénin si les principaux adversaires de l’AES sont les principaux partenaires du Bénin», a nuancé Boukary Ouédraogo, acteur de la société civile.
Dans un contexte régional marqué par de nombreuses incertitudes, les signaux envoyés à l’issue des échanges laissent entrevoir l’espoir d’une nouvelle dynamique fondée sur la confiance, le respect mutuel et le dialogue permanent.
Sur ce chapitre, le communiqué de la présidence du Faso fait savoir que «la situation sécuritaire sous-régionale a occupé une place centrale dans les échanges (entre les deux présidents). Les deux dirigeants ont insisté sur l’urgence de consolider la coopération face au terrorisme, à la criminalité transfrontalière et à l’extrémisme violent. Les Présidents Traoré et Wadagni ont réitéré leur détermination à œuvrer ensemble pour la paix, la stabilité et le développement durable en Afrique de l’Ouest».
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«Peut-être que le nouveau président béninois s’est-il rendu compte que le président Traoré est sur la bonne voie. Donc, s’il est venu rétablir l’harmonie entre Africains, il est le bienvenu. J’ignore les motivations réelles de cette rencontre, mais tout ce que je souhaite est qu’il sache, que nous sommes tous Africains», estime Hamed Zizien, un citoyen.
Le Burkina Faso et le Bénin sont deux peuples voisins, liés par une longue tradition d’échanges humains, commerciaux et culturels, et qui partagent aujourd’hui des défis communs en matière de sécurité. Qu’à cela ne tienne, pour Boukary Ouédraogo, il vaut mieux rester prudent. «Tout est possible, mais il faut relever le niveau de vigilance. Parce qu’en diplomatie il n’y a ni amitié, ni de fraternité, ni sentiments. Il y a des calculs d’intérêts stratégiques».
Au-delà même des relations entre les deux pays, ce réchauffement diplomatique ouvre des perspectives économiques prometteuses pour l’ensemble de la sous-région. Grâce à sa façade maritime et à ses infrastructures portuaires, le Bénin représente un corridor stratégique pour les échanges commerciaux.
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Le corridor reliant le port de Cotonou au Burkina Faso est une artère commerciale vitale d’environ 1.000 kilomètres permettant le désenclavement et l’approvisionnement du pays sahélien en hydrocarbures, biens de consommation et de dIfférents intrants.
Le renforcement de la coopération entre les deux États pourrait ainsi faciliter la circulation des marchandises entre le Burkina Faso, les pays de l’Alliance des États du Sahel et les autres économies ouest-africaines. Une opportunité qui pourrait contribuer à stimuler le commerce régional, renforcer l’intégration économique et créer de nouvelles perspectives de croissance.
