C’est une nouvelle page qui s’ouvre entre le Niger et le Bénin. L’arrivée, mardi 2 juin à Niamey du nouveau président du Bénin, Romuald Wadagni entré en fonction le 24 mai, est plus qu’une simple visite de travail, mais le début d’un dégel diplomatique après plusieurs années de tension marquées notamment par la fermeture des frontières entre les deux pays.
Signe de cette détente, M. Wadagni et son homologue Abdourahamane Tiani ont exprimé mardi dans un communiqué conjoint «leur engagement à œuvrer à la levée de tous les obstacles au renforcement de la coopération entre les deux pays, notamment la réouverture de la frontière».
À Niamey, de nombreux Nigériens ainsi que des ressortissants béninois vivant au Niger nourrissent un même espoir, celui d’un apaisement des relations entre les deux États. Moins de dix jours après sa prise de fonctions, Romuald Wadagni a choisi de se rendre dans les pays formant l’Alliance des États du Sahel.
«Nous espérons que cette visite permettra de trouver un consensus pour la réouverture de la frontière très attendue par les deux peuples», explique Abdoulaye Djams, citoyen nigérien.
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À ce sujet, un comité d’experts a été chargé de rendre un rapport aux deux chefs d’Etat concernant la réouverture de la frontière sous quinze jours.
«Notre attente n’est rien d’autre que la normalisation des relations qui lient les deux pays frères. Cela contribuera à notre intégration, qu’on le veuille ou non, nous sommes des frères», ajoute Bachabi Raoufou, citoyen béninois.
Un dégel avait été entrevu à la cérémonie d’investiture de Romuald Wadagni à Cotonou, le 24 mai, où le Premier ministre nigérien Ali Mahaman Lamine Zeine avait fait le déplacement, tout comme les chefs de la diplomatie du Burkina et du Mali.
Les deux pays ont des intérêts économiques communs évidents: le port de Sèmè-Kpodji, à Cotonou, est la voie la plus simple pour ravitailler Niamey, ou pour écouler les matières premières de ce pays enclavé.
Selon les statistiques officielles nigériennes, 80% du fret nigérien passait par ce corridor avant la brouille.
Reste désormais à savoir si cette visite permettra de jeter les bases d’un véritable rapprochement entre les deux pays voisins.
