Rwanda-Maroc: à Kigali, la Fête du Trône célèbre une coopération qui passe aussi par la culture

Mostapha Manzhi, chargé d’affaires par intérim de l’ambassade du Maroc au Rwanda.

Le 31/07/2026 à 16h28

VidéoÀ Kigali, la célébration du 26ème anniversaire de la Fête du Trône du Royaume du Maroc a réuni, le 30 juillet, responsables politiques, diplomates et acteurs économiques. Au-delà des discours sur la coopération bilatérale, la prestation de la troupe rwandaise I Buhoro, mêlant musique marocaine et danse Intore, a illustré le rapprochement culturel entre les deux pays.

Au son d’une musique marocaine, les danseurs de la troupe I Buhoro entrent en scène. Leurs mouvements précis, inspirés de la danse traditionnelle Intore, captivent les invités réunis à Kigali pour célébrer la Fête du Trône du Royaume du Maroc. En associant un patrimoine musical marocain à l’un des symboles les plus emblématiques de la culture rwandaise, les artistes donnent le ton d’une soirée placée sous le signe du dialogue entre les deux pays.

Pour Kanyankore Mucyo, membre de la troupe, ce choix artistique n’avait rien d’anodin. Invités récemment au Festival Gnaoua et musiques du monde d’Essaouira 2026, les danseurs ont choisi de reprendre cette fusion culturelle lors de la cérémonie organisée à Kigali. «Nous nous sommes dit que si nous essayions d’imiter leur danse et que nous le faisions mal, cela pouvait donner un message qui n’était pas positif. Nous avons donc utilisé leur musique en y intégrant notre danse traditionnelle sans la compromettre», explique-t-il, se félicitant de l’accueil réservé à cette création par le public.

Inscrite depuis décembre 2024 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO, la danse Intore célèbre la bravoure, la force et l’unité à travers des mouvements hérités de la tradition guerrière rwandaise. Sa présence lors de cette célébration a apporté une dimension culturelle à une relation bilatérale en constante évolution.

Dans son allocution, le chargé d’affaires par intérim de l’ambassade du Maroc au Rwanda, Mostapha Manzhi, a souligné que cette réception allait bien au-delà d’une célébration nationale. «Cette soirée met à l’honneur l’amitié, les aspirations communes et la confiance dans le potentiel des Africains lorsqu’ils collaborent avec respect et ambition», a-t-il déclaré, saluant également «la trajectoire exceptionnelle du Rwanda en matière de reconstruction, de résilience et de transformation».

Le diplomate a rappelé que les relations entre Rabat et Kigali se sont progressivement renforcées dans plusieurs domaines, allant de l’éducation et de l’agriculture aux investissements, à la finance, à l’industrie pharmaceutique ou encore au renforcement des capacités, tout en mettant en avant une vision commune fondée sur des partenariats africains concrets et mutuellement bénéfiques.

Même volonté du côté rwandais. Représentant le gouvernement, le secrétaire permanent au ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Fidelis Mironko, a rappelé que la diplomatie économique demeure un pilier de la politique étrangère du Rwanda. Selon lui, les expertises développées par le Maroc dans des secteurs tels que les énergies renouvelables, la production d’engrais, les services financiers, les infrastructures ou la logistique offrent de nouvelles perspectives de coopération avec un Rwanda qui ambitionne de devenir un hub régional de l’innovation et du développement durable.

Au-delà des accords et des discours, cette célébration a illustré une conviction partagée par Rabat et Kigali: les relations entre les États se construisent aussi à travers les peuples, les artistes et la culture. Une approche qui s’inscrit dans la vision du roi Mohammed VI d’une coopération africaine fondée sur des partenariats concrets et des liens humains toujours plus étroits.

Par Fraterne Ndacyayisenga
Le 31/07/2026 à 16h28