Burkina Faso. La cigarette interdite dans les lieux publics: à Ouagadougou, cette loi fait un tabac

La cigarette interdite dans les lieux publics au Burkina Faso

Le 09/05/2026 à 14h33

VidéoDepuis plusieurs mois, la police municipale multiplie les contrôles et met à l’amende toute personne qui craquerait une cigarette dans les lieux publics, y compris les rues. Pour une bouffée de fumée, le contrevenant devra payer 15.000 FCFA. Pour un responsable d’un établissement qui ne ferait pas appliquer cette loi, la sanction est plus lourde: jusqu’à 200.000 FCFA.

Sur les réseaux sociaux, des images diffusées sur la page officielle de la police municipale montrent des fumeurs interpellés en pleine rue, parfois contraints de payer immédiatement leurs contraventions. Ces images relancent le débat autour de la lutte contre le tabagisme au Burkina Faso. Dans les rues de la capitale, les avis sont partagés.

« La décision du gouvernement est une excellente décision. Nous avons collé des affiches interdisant de fumer. La décision a été un peu soudaine, mais nous faisons de notre mieux pour la respecter », explique Stéphane Kouamé, gérant de maquis dans lequel un cadre a été aménagé pour les clients fumeurs.

Sur le terrain, la méthode policière semble avoir produit des résultats. Même si des fumeurs continuent de fumer en secret, la mesure, elle, se fait de plus en plus respectée.

« C’est tout à fait normal. Parce que fumer est encore plus dangereux en public. Je trouve que la mesure est respectée dans mon quartier en exemple. Sur les réseaux sociaux, je vois souvent des policiers verbaliser des personnes qui fument. Cela est très bien», estime Pascal Tassembedo, un citoyen.

«Selon moi, c’est une bonne décision que le gouvernement vient de prendre. C’est ce qui se fait dans de nombreux pays. Par exemple, au Ghana, il y a des toilettes publiques aux abords des voies. Ceux qui veulent fumer peuvent y entrer. Si le gouvernement pouvait faire la même chose, ce serait bien», souhaite Inoussa Tiemtore, un autre citoyen.

Pour les autorités, cette stratégie vise avant tout à protéger la santé publique et à faire respecter la loi. La diffusion des interventions servirait ainsi d’outil de sensibilisation.

«On ne doit pas fumer dans les lieux publics. Parce que certains ne tolèrent ni l’odeur de la cigarette ni la fumée comme les personnes souffrant d’asthme, qui sont les plus exposées. Je pense que, petit à petit, les Burkinabè vont s’adapter à cette mesure», rassure Arnaud Ouédraogo.

Toutefois, la méthode interroge. Entre prévention et répression, certains citoyens réclament davantage de sensibilisation, estimant que la peur seule ne suffira pas à changer durablement les comportements.

La loi portant interdiction de fumer dans les lieux publics clos ou ouverts ainsi que dans les transports en commun a été adoptée le 16 avril 2025.

Ce décret est entré en vigueur le 17 octobre de la même année ET vient en application de la loi sur la santé publique et lutte contre le tabagisme.

Par Jean Paul Windpanga Ouédraogo (Ouagadougou, correspondance)
Le 09/05/2026 à 14h33