Burkina Faso. Les meilleurs bacheliers (aussi) devront étudier au pays: une décision à l’épreuve de l’opinion

Façade de l'Université Joseph Ki Zerbo de Ouagadougou

Le 20/07/2026 à 13h08

VidéoLa crème des bacheliers de la session 2026 n’échappera pas à l’obligation de poursuivre ses études au pays. Annoncée par le gouvernement le 13 juillet, cette mesure suscite des réactions partagées entre citoyens et étudiants.

Les meilleurs bacheliers de la session 2026 devront poursuivre leurs études supérieures au Burkina Faso. Cette décision, annoncée par le gouvernement le 13 juillet 2026, continue d’alimenter les débats.

Si certains y voient une opportunité de valoriser l’enseignement supérieur national, d’autres s’interrogent sur la liberté de choix des lauréats. Dans la rue, citoyens et étudiants affichent des avis partagés entre patriotisme, ambition personnelle et perspectives d’avenir.

Modeste Bama est un citoyen burkinabè. Pour lui, la récente mesure est salutaire, parce que ceux qui partent étudier à l’extérieur peuvent parfois revenir avec des idées préconçues.

«Personnellement, je trouve que c’est une bonne mesure, surtout que nous sommes dans une dynamique révolutionnaire. Je pense que c’est une mesure qui permettra d’inculquer des valeurs endogènes, en plus de la formation».

Pour Elysée, étudier, partir étudier à l’étranger était un rêve longtemps entretenu. Faute de moyens financiers, il a finalement intégré la faculté de géographie au Burkina Faso. Aujourd’hui, il accueille favorablement cette nouvelle mesure. Selon lui, les universités burkinabè disposent d’enseignants qualifiés, d’infrastructures et d’un encadrement capables de former des professionnels compétents répondant aux besoins du pays.

«Malheureusement, je n’ai pas eu la chance de faire mes études à l’extérieur. Parce qu’à la base, je voulais faire de l’agronomie, mais aujourd’hui je suis inscrit en géographie. Pour moi, ce n’est pas le fait d’étudier à l’extérieur qui est le problème. Si on nous donne les potentiels pour étudier dans de bonnes conditions, je pense que nous pourrons nous développer, à l’instar de la Chine, qui est aujourd’hui le premier pays producteur de riz», dit tout confiant Elysée Compaoré, étudiant.

Dans la rue, les réactions restent contrastées. Certains estiment que la mesure peut soulager les parents sur le plan financier, mais qu’elle ne devrait pas empêcher les étudiants les plus brillants de saisir des opportunités de formation à l’international lorsqu’elles n’existent pas dans le pays.

«C’est très important, car on arrive à avoir ici les filières qui accueillent nos étudiants à l’extérieur, cela va permettre d’élargir le champ d’études. Il est vrai que nos universités locales offrent aussi des formations, mais il faudra aussi penser à créer ces filières qui les attirent vers l’extérieur», suggère Djibril Natama, un autre citoyen.

À travers cette décision, le gouvernement entend retenir les meilleurs profils afin de renforcer les universités nationales et de développer les compétences au service du Burkina Faso. Une orientation qui continue toutefois de susciter des interrogations sur l’équilibre entre intérêt national et liberté de choix des étudiants.

Par Jean Paul Windpanga Ouédraogo (Ouagadougou, correspondance)
Le 20/07/2026 à 13h08