Cameroun. Pots de vin contre inscription: quand la corruption commence dès l’école

Parents d'élèves

Le 22/08/2026 à 14h36

VidéoAvant la reprise des cours, l’heure est aux inscriptions des élèves dans les établissements scolaires. Mais certains parents n’ont d’autre choix que de graisser la patte à certains chefs d’établissements publics pour que leurs enfants puissent y être inscrits. Pourtant interdite, cette pratique gagne du terrain.

Au Cameroun, élèves et enseignants reprendront le chemin de l’école le 7 septembre prochain. À quelques semaines de cette échéance, des parents d’élèves n’ont pas encore trouvé une école publique qui sied à leurs enfants. Et ils sont nombreux dans ce cas.

Et pour y accéder, de nombreux chefs de famille sont contraints de débourser des sommes d’argent défiant toute légalité. «Je viens de verser 150.000 Fcfa (229 euros) pour mes trois enfants qui sont en 5ème, 4ème et 2nd. L’année dernière, nous étions à Douala mais mes activités professionnelles m’ont obligé à venir à Yaoundé. Je croyais qu’en les inscrivant ici, les responsables du lycée allaient me demander uniquement leurs bulletins de notes de l’année dernière. Pourtant, ils ont exigé que je paie les trois places», a témoigné ce père nouvellement installé à Yaoundé.

Cette pratique est connue de tous et depuis de longues années déjà. Le ministre des Enseignements secondaires a beau interdire cette pratique, mais rien n’y fait. Ces paiements sont devenus quasi officiels comme le révèle cet autre parent rencontré au quartier Nlongkak. «Ce n’est un secrets pour personne. Les tarifs des inscriptions dans les classes de 6ème et de 1ère année sont fixés à 100.000 Fcfa par élève. Pour les autres classes, c’est généralement 50.000 Fcfa que les chefs d’établissements exigent», a-t-il confié.

En plus de ces pots de vin, les parents devront s’acquitter d’autres dépenses liées à leur payer la scolarité. Il est connu de tous les citoyens que les sommes engrangées ne sont pas reversées dans les caisses du trésor public, mais bénéficient aux chefs d’établissement et à certains de leurs collaborateurs.

Par Jean-Paul Mbia (Yaounde, correspondance)
Le 22/08/2026 à 14h36