Le 4 novembre, les électeurs des grandes métropoles sud africaines ne choisiront pas seulement un conseil municipal. Ils diront si les coalitions peuvent encore rendre les services publics crédibles.
La portée des municipales du 4 novembre dépasse la simple alternance locale. Elles devraient mesurer l’usure de l’ANC, au pouvoir depuis 1994, et la capacité de ses adversaires à transformer la colère en majorités.
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Cinq années de coupures d’eau et d’électricité, de routes dégradées, de retards dans la collecte des déchets et de hausse du coût de la vie ont fait des services publics le premier terrain de sanction. À Johannesburg, ville de 4,8 millions d’habitants et 270 sièges, l’ANC, la DA, ActionSA et l’EFF se disputent une métropole où seuls 42,7% des inscrits avaient voté en 2021 ; la DA vise une majorité absolue, le MKP vient y tester son implantation.
Au Cap, la DA défend depuis 2006 un bastion conquis avec 58,2% en 2021, et Geordin Hill Lewis brigue un second mandat dans une ville de 4,77 millions d’habitants où logement, gangs et assainissement pèsent. À Tshwane, Nasiphi Moya, d’ActionSA, dirige une coalition de dix partis et aucun parti ne semble pouvoir s’imposer seul.
À Ekurhuleni, fragmentation du conseil, dysfonctionnements et soupçons de corruption fragilisent l’administration, tandis que la Commission Madlanga met en lumière des problèmes systémiques de gouvernance.
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À eThekwini, les chiffres du séisme possible sont révélateurs: 222 sièges, 23 partis, un soutien à l’ANC estimé à environ 10% par Ipsos contre 42,02% et 96 sièges en 2021, le MKP à 55%, la DA à 17% et l’IFP à 6%, projections à confirmer. La ville perdrait plus de 65% de son eau par fuites et la remise en état des eaux usées coûterait environ six milliards de rands.
À Mangaung, l’ANC risque sa majorité avec 51 sièges sur 101, sous intervention nationale depuis avril 2022, 3,40 milliards de rands de dépenses non autorisées, 61% de vacance, 50,6% de pertes d’eau et 90% des routes en mauvais état. À Nelson Mandela Bay, la maire Babalwa Lobishe conduit une coalition minoritaire fragilisée par une controverse sur un bail de 25 millions de rands lié à un transformateur, avec jusqu’à 60% d’eau perdue et près d’un milliard de rands nécessaires.
À Buffalo City, l’ANC garde 61 sièges sur 100 contre 20 à la DA et 12 à l’EFF, mais subit ambitions adverses et divisions internes. Le 4 novembre ne dira donc pas seulement qui gagne les grandes villes ; il dira si les coalitions peuvent rendre les municipalités gouvernables et les services publics crédibles. La participation et la capacité à conclure des alliances seront décisives. Le changement est-il inévitable ? Seul le scrutin en mesurera l’ampleur et la direction.
