Côte d’Ivoire. Hausse des carburants, déroute des automobilistes

Une station de services à Abidjan.

Le 13/08/2026 à 14h07

VidéoNouvelle hausse des prix, nouvelle inquiétude. En Côte d’Ivoire, l’augmentation récente du prix du carburant, intervenue à la veille de la célébration du 66e anniversaire de l’indépendance, continue de susciter la colère et l’incompréhension des transporteurs professionnels comme des particuliers. Crainte d’un effet domino sur les autres produits.

Les automobilistes ivoiriens devront composer avec une nouvelle augmentation des prix des carburants depuis le 1er août dans un contexte où les fluctuations des cours internationaux des produits pétroliers continuent d’influencer la politique des prix.

Dans les stations-service, le litre de super sans plomb qui était de 875 FCFA passe désormais à 905 FCFA. Le gasoil, principal carburant utilisé par les transporteurs et de nombreux professionnels, est affiché à 725 FCFA le litre, en hausse de 25 FCFA. Le prix du pétrole lampant, encore largement utilisé par certains ménages, connaît la plus forte progression, fixé à 745 FCFA le litre, soit 40 FCFA de plus.

Cette révision tarifaire intervient alors que les autorités ajustent périodiquement les prix des produits pétroliers en fonction de l’évolution du marché international et des mécanismes de régulation en vigueur en Côte d’Ivoire.

Pour les automobilistes, notamment ceux qui utilisent quotidiennement leur véhicule pour se rendre au travail ou exercer une activité professionnelle, cette nouvelle augmentation constitue une dépense supplémentaire difficile à absorber.

«C’est un coup dur pour nous. On augmente encore le carburant alors qu’il n’y a même pas trois mois ça été augmenté, mais le salaire n’augmente pas. Nous ne savons plus comment faire face à cette situation qui impacte négativement le niveau de vie des populations.», déplore Yobouet Konan, un automobiliste rencontré dans une station-service à Yopougon.

Au-delà de leur impact sur le budget des ménages, ces nouveaux tarifs pourraient également se répercuter sur les coûts du transport de marchandises et de personnes, avec des effets potentiels sur les prix de plusieurs biens de consommation et les pouvoirs d’achat des ménages.

Les usagers des transports en commun redoutent les conséquences de cette hausse. Dans les gbakas, taxis et autres moyens de transport collectif, la peur d’une augmentation des tarifs gagne du terrain.

Pour les passagers, une éventuelle hausse du coût des déplacements viendrait davantage fragiliser des ménages déjà confrontés à l’augmentation des prix de plusieurs produits et services essentiels.

Face à ces inquiétudes, les autorités ont appelé les acteurs du transport en commun à ne pas répercuter cette hausse du carburant sur les tarifs appliqués aux usagers.

Mais du côté des transporteurs, la situation est loin d’être simple. Avec la hausse du prix du carburant, les charges d’exploitation augmentent mécaniquement. Chaque journée de travail nécessite désormais un budget plus important pour s’approvisionner en carburant, réduisant ainsi les recettes de fin de journée.

«Auparavant, je pouvais faire mes courses de la journée avec 25.000 FCFA de carburant, mais désormais il m’en 30.000 voire 35.000 FCFA. Nous comprenons la crainte des passagers, mais nous aussi avons des charges. Si rien n’est fait, nous serons obligés de revoir les tarifs», préviennent Bakayoko Mamadou, conducteur de transport en commun.

Cette nouvelle hausse du carburant intervient donc dans un contexte particulièrement sensible. Pour les automobilistes comme pour les passagers, la principale inquiétude demeure la même: que cette augmentation ne déclenche une nouvelle chaîne de renchérissement des transports et, par ricochet, des prix des biens et services.

Nombreux sont ceux qui espèrent désormais des mesures capables d’amortir le choc et de préserver un tant soit peu le pouvoir d’achat des ménages. Car pour beaucoup d’Ivoiriens, le carburant n’est plus seulement une dépense à la pompe: il est devenu un indicateur direct de la pression qui s’exerce chaque jour sur leur portefeuille.

Par Emmanuel Djidja (Abidjan, correspondance)
Le 13/08/2026 à 14h07