La corruption coûte chaque année des milliards de dollars au Kenya, selon la Banque mondiale

Le 04/11/2026 à 08h43

La corruption coûte chaque année au Kenya des milliards de dollars en recettes perdues, surcoûts pour les entreprises et pertes de revenus pour les travailleurs, tout en portant un lourd préjudice à l’investissement et à la croissance, a regretté mercredi la Banque mondiale.

La prévarication touche le pays d’Afrique de l’Est à tous les niveaux de la société: de la police soutirant des pots-de-vin aux conducteurs jusqu’aux scandales de détournements de fonds au plus haut niveau.

Le Kenya est l’un des Etats les plus corrompus au sein des pays à revenu intermédiaire de tranche inférieure, ce qui creuse, au minimum, chaque année son déficit budgétaire d’environ 370 milliards de shillings (2,8 milliards de dollars), ou 2% du PIB, estime la Banque mondiale (BM) dans un rapport publié mercredi.

Son économie pourrait être plus de 20 fois plus vaste en 2035 si le pays mettait en œuvre le type de réformes anticorruption observées dans des pays comme le Ghana et le Sénégal, pointent les auteurs de cette étude.

Quelque 7,7 millions d’emplois supplémentaires, de meilleure qualité, pourraient ainsi être créés, estiment-ils.

Le Kenya, Etat vert et agricole doté d’un tissu industriel, «possède beaucoup des ingrédients nécessaires pour devenir un véritable pays leader dans la région», a déclaré lors d’un briefing à la presse Verena Fritz, spécialiste de la gouvernance pour la Banque mondiale au Kenya.

«Il devrait tenir cette promesse, tant pour ses propres citoyens que pour la région voisine. Et c’est faisable», a-t-elle ajouté.

Les Kényans sont furieux du niveau de corruption qu’ils subissent : la question a été un enjeu majeur des vastes manifestations, réprimées dans le sang, en 2024.

Alors que des élections présidentielle et législatives se tiendront dans le pays en août 2027, les responsables politiques kényans devraient prendre conscience des avantages qu’il y a à s’attaquer au problème, espère la Banque mondiale.

Assainir seulement 10% des pertes dues à la corruption lors de la passation de marchés publics permettrait au Kenya d’économiser 120 milliards de shillings (930 millions de dollars) par an, de même source.

La ligne ferroviaire Nairobi-Mombasa a, à titre indicatif, coûté environ un tiers de plus par kilomètre qu’une ligne similaire en Tanzanie, selon la Banque mondiale.

La Banque mondiale a approuvé en juin un prêt de 750 millions de dollars au Kenya, après un blocage tout au long de 2025 en raison de la réticence du gouvernement à mettre en œuvre des mesures anticorruption.

Elle a toutefois exigé de nouvelles règles sur les conflits d’intérêts des responsables politiques, ou encore un nouveau système électronique de passation des marchés publics pour améliorer leur transparence.

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 04/11/2026 à 08h43