Sécurité minière au Ghana: la décrue des décès bute sur le maillon des sous-traitants

Mine

Le 25/08/2026 à 11h09

En 2025, les mines ghanéennes ont enregistré trois décès contre sept en 2024. Une embellie statistique que le patron de la Chambre des mines refuse de célébrer, rappelant que chaque mort reste un échec collectif.

Le nombre de décès enregistrés dans l’industrie minière au Ghana a reculé de plus de 57%, passant de sept en 2024 à trois en 2025, d’après les chiffres de la Chambre des mines du Ghana.

Une baisse qui témoigne des résultats des investissements consentis notamment dans la formation du personnel, la préparation aux situations d’urgence, la gestion des risques et le renforcement du leadership en matière de sécurité, a indiqué le directeur général de la Chambre, Kenneth Ashigbey, cité par des médias locaux.

«Nous devons reconnaître ces progrès, mais nous ne devons jamais permettre qu’ils conduisent à un relâchement. Trois décès, c’est encore trop», a souligné le responsable, à l’occasion d’une compétition inter-mines de premiers secours et de sécurité organisée à Akoon, dans la région occidentale du pays.

D’autre part, l’industrie minière a enregistré 34 accidents graves et 210 accidents ayant nécessité des premiers secours au cours de l’année précédente, a fait savoir Ashigbey.

Dans le paysage minier africain, le Ghana se distingue par une annonce qui tranche avec la litanie des bilans noirs: les décès dans ses mines sont passés de sept en 2024 à trois en 2025, un recul de plus de 57% selon la Chambre des mines. «Trois décès, c’est encore trop.» Une retenue qui change la nature de l’information. Le Ghana ne se contente pas d’afficher un indicateur flatteur ; l’institution patronale minière admet que la baisse de la mortalité ne règle pas l’accidentologie ordinaire.

Les 34 accidents graves et 210 accidents ayant nécessité des premiers secours dessinent une réalité plus rugueuse: derrière chaque mort évitée, des corps restent blessés, brûlés, évacués. La Chambre attribue l’amélioration aux investissements dans la formation, la préparation aux urgences, la gestion des risques et le leadership en sécurité.

Organiser une compétition de premiers secours, c’est transformer la sécurité en geste collectif visible plutôt qu’en simple indicateur de performance. Mais les prises de paroles révèlent une faille persistante. Ashigbey appelle à une attention accrue à la sécurité des travailleurs des sous-traitants. Une précision capitale. Dans l’industrie minière, la sous-traitance concentre souvent une main-d’œuvre moins stable, moins formée, plus exposée aux cadences et moins couverte par la prévention des grandes entreprises.

En pointant ce maillon, la Chambre reconnaît que la performance globale peut reposer sur une externalisation du risque. Le Ghana se démarque par une lucidité à souligner: l’objectif affiché n’est pas un simple taux de décès, mais «zéro décès et zéro dommage». Une telle formule, prise au sérieux, oblige à traiter chaque accident grave comme un échec de système et non comme une fatalité du métier.

La décrue des décès est une bonne nouvelle pour les familles et pour l’image d’un pays dont l’économie dépend fortement des ressources minières. Elle signale une maturation des pratiques de prévention. Mais elle crée aussi une responsabilité: ne pas laisser les sous-traitants devenir la variable d’ajustement de la sécurité.

Trois morts, c’est encore trop, a dit le patron de la Chambre. La phrase restera-t-elle un slogan de compétition ou le point de départ d’un durcissement réel des contrôles ? Le prochain bilan dira si le Ghana entre dans une dynamique durable de réduction des risques ou s’il a simplement profité d’une année statistiquement clémente.

Par Le360 (avec MAP)
Le 25/08/2026 à 11h09