Au lendemain de la Tabaski, le foirail de Rufisque n’a pas retrouvé le visage habituel des années précédentes. Là où les vendeurs espéraient écouler l’essentiel de leur cheptel avant la fête, plusieurs animaux ont échappé au sacrifice. Une situation qui alourdit davantage les charges des éleveurs, contraints de poursuivre l’alimentation et l’entretien de leurs moutons.
Malgré ce contexte difficile, les responsables du foirail appellent à relativiser et mettent en avant les contraintes économiques qui ont pesé sur de nombreuses familles.
Arona Boubacar Sall, président du comité de gestion du foirail «La Tabaski de cette année s’est déroulée de manière démocratique, nul n’a été épargné par les difficultés. Certains connaissent pourtant leur situation et n’ont pas de moyens, mais ils veulent des moutons très chers et, à la fin, ils ne parviennent à rien avoir. Mais le principal problème est le manque d’argent. On rend grâce à Dieu en attendant le retour des pèlerins; la vente se poursuivra aussi avec les événements familiaux: les baptêmes, les décès, les mariages, etc.»
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Chez les éleveurs, le sentiment est tout autre. Beaucoup parlent d’une campagne sans précédent, marquée par des invendus importants et l’absence d’accompagnement pour faciliter leur retour vers leurs localités d’origine.
«C’est une première. Il fallait être là le lendemain de la fête pour voir comment la mévente était une réalité. Et le pire, c’est que l’on continue à nourrir nos moutons, et les autorités ne nous aident pas, même pour retourner chez nous. On a été livrés à nous-mêmes», explique Djiby Isma Diallo, éleveur.
Dans les allées du foirail, les vendeurs gardent encore en mémoire les images du lendemain de la fête. Pour eux, l’abondance de l’offre n’a pas trouvé son pendant du côté de la demande, conséquence directe de la baisse du pouvoir d’achat des ménages.
«Il y avait des dizaines de camions ici au lendemain de la Tabaski pour organiser le retour des éleveurs qui faisaient peine à voir. Je le jure devant Dieu, là il ne reste que les petits moutons, les gros ont été ramenés. Avant, les gens avaient de l’argent sans pouvoir trouver un beau bélier, mais cette année c’est le contraire. Il y avait des moutons mais pas d’acheteurs. Avec toutes nos dépenses, on ne peut pas brader nos moutons, c’est impensable. On préfère les garder et attendre de meilleures offres.»
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Au foirail de Rufisque, la Tabaski 2026 laissera le souvenir d’un marché largement approvisionné mais confronté à une demande insuffisante.
Entre invendus, coûts d’entretien qui se prolongent et incertitudes sur les prochaines ventes, les éleveurs espèrent désormais que les cérémonies familiales et le retour des pèlerins permettront d’atténuer les pertes enregistrées cette année.
