Abdou Diouf, père de famille vivant à Dakar, décrit une situation qu’il juge particulièrement préoccupante. Selon lui, les difficultés économiques actuelles rendent les préparatifs de la fête encore plus compliqués pour les ménages sénégalais.
«Au Sénégal, la fête de la Tabaski est un moment très important, mais aussi une lourde charge pour les chefs de famille. Il faut satisfaire toute la famille, habiller les enfants et les épouses, acheter un mouton… tout cela coûte énormément d’argent. Et la situation économique n’est pas favorable. Certains fonctionnaires n’ont même pas encore reçu leur salaire. Il suffit d’aller au marché pour voir que tout est au ralenti. C’est la première fois que nous voyons une situation pareille. Le Sénégal traverse une période extrêmement difficile.»
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Malgré les difficultés, certains tentent de garder espoir et de faire preuve de résilience. Nogaye Mbaye, mère de famille et commerçante, préfère rendre grâce malgré les obstacles du quotidien. Venue de Touba chercher quelques revenus à Dakar, elle espère trouver des clients afin de mieux préparer la fête. «Ça va… on ne se plaint pas, on rend grâce à Dieu, parce qu’on ne se plaint, mais on voudrait bien que la situation s’améliore. Je viens de Touba parce pour essayer trouver des clients.»
Dans plusieurs foyers, la pression monte à mesure que la fête approche. Entre les obligations religieuses et les réalités économiques, certains parents disent vivre cette période avec beaucoup d’angoisse.
Mamadou Sène Léye, père de famille, affirme que cette Tabaski figure parmi les plus difficiles qu’il ait connues. Malgré tout, il appelle les familles à garder la foi et à continuer de prier. «La Tabaski de cette année est très difficile. Ceux qui disent que tout va bien ne disent pas la vérité. Nous essayons de respecter les recommandations de Dieu parce que nous avons foi en Lui, mais c’est dur. Nous prions pour qu’Allah donne aux chefs de famille les moyens de célébrer cette fête. Les prix sont élevés, les moutons se font rares… tout est compliqué en ce moment.»
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À quelques jours de la Tabaski, entre foi, résignation et inquiétude, de nombreuses familles sénégalaises tentent de préserver l’essentiel: célébrer dignement cette fête religieuse malgré des conditions économiques de plus en plus difficiles. Une réalité qui illustre le malaise social grandissant ressenti par une partie de la population.
