Près de trois semaines après l’annonce de la découverte de pétrole de haute qualité au large des côtes de la Côte d’Ivoire, la compagnie pétrolière et gazière américaine indépendante, Murphy Oil Corporation annonce la signature d’un contrat de partage de production offshore en Mauritanie, sur les blocs offshore C-10 et Tiof.
Concrètement, cela veut dire que Murphy vient d’obtenir le droit officiel de chercher et, en cas de succès, d’exploiter du pétrole ou du gaz au large de la Mauritanie, sur les blocs C-10 et Tiof, en pilotant les opérations à 90% avec la Société Mauritanienne des Hydrocarbures (SMH) à 10% en participation portée. Mais à ce jour, rien ne prouve qu’il y aura du pétrole commercialement exploitable.
À y voir de plus près, l’annonce acte la recomposition du rapport de force opérationnel sur deux blocs offshore mauritaniens, C-10 et Tiof, qui couvrent environ 3,1 millions d’acres. Pour donner une idée de ce que cela représente, 3,1 millions d’acres c’est l’équivalent de près de 1,76 million de terrains de football aux normes FIFA (105 m x 68 m), soit environ 12,55 milliards de m².
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Murphy Oil Corporation, via ses filiales, y détiendra 90% de working interest et sera opérateur, tandis que la SMH conservera 10% de carried working interest.
Ce détail place un groupe indépendant coté à la New York Stock Exchange, Bourse de New York, en position de maître d’œuvre technique et financier, avec une participation très majoritaire, face à une société mauritanienne présente mais portée. La suite annoncée reste prudente: Murphy et SMH vont travailler ensemble pour évaluer plus avant le potentiel exploratoire des deux blocs.
Aucun calendrier de forage, aucun montant d’investissement, aucune estimation de ressources ne figure dans le communiqué. L’annonce est donc un acte d’engagement et de cadrage, pas une preuve de découverte.
Dans l’offshore, la signature d’un contrat de partage de production ouvre une séquence longue, où la capacité à interpréter la géologie, à tenir un budget et à assumer le risque prime sur la communication.
Murphy se présente comme une société indépendante pétrolière et gazière au portefeuille multi bassins onshore et offshore, forte de plus d’un siècle d’exécution et de capacités de développement full cycle, avec une discipline financière et une culture d’adaptabilité et de redevabilité.
L’annonce rappelle aussi ses opérations onshore dans l’Eagle Ford Shale, le Tupper Montney et le Kaybob Duvernay, ainsi que son offshore au Golfe d’Amérique et au Canada, et ses ambitions d’exploration et de développement offshore au Golfe d’Amérique, au Vietnam et en Côte d’Ivoire.
La Mauritanie vient donc s’inscrire dans une carte offshore déjà large, avec une différence de taille: Murphy y arrive comme opérateur à 90%, pas comme simple participant.
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Pour la Mauritanie, le signal est celui d’un intérêt renouvelé pour deux blocs de grande superficie, mais la portée réelle dépendra des travaux d’évaluation annoncés. Pour Murphy, l’opération prolonge une logique de portefeuille où l’exploration offshore doit créer de la valeur de long terme pour les actionnaires.
L’annonce de Murphy contient enfin un avertissement détaillé sur les risques, des conditions macroéconomiques aux tensions géopolitiques, en passant par la volatilité des programmes exploratoires, les changes, l’instabilité politique et réglementaire ou les cyberattaques.
Cette prudence est un rappel: la signature ne vaut pas garantie de performance. Le vrai test sera la capacité à transformer 3,1 millions d’acres et un couple 90/10 en programme exploratoire lisible, financé et exécuté.
À ce stade, l’information à retenir est que Murphy s’installe comme opérateur dominant de deux blocs offshore mauritaniens, avec SMH en participation portée à 10%.
