À plus de 200 kilomètres de Lomé, dans la préfecture de Wawa, Kossi cultive le cacao depuis l’an 2000. Plus de vingt-cinq ans de métier, et une distinction décrochée en 2023 au concours Cocoa of Excellence. Ce résultat tient à une méthode, de l’entretien de la parcelle jusqu’au tri des fèves.
«Pour faire un bon cacao, il faut l’entretien du champ, la taille, l’égourmandage, opération qui consiste à enlever les gourmands, de robustes tiges qui ne portent pas de fleurs et ne donnent donc pas de fruits. Après la récolte, il faut procéder au cabossage et à la fermentation puis le séchage. A la suite de quoi, il faut bien faire le tri, pour pouvoir le présenter aux techniciens», Kossi Guezere, producteur de cacao, au niveau de la préfecture de Wawa.
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Mais produire un cacao d’exception ne suffit pas à s’assurer des débouchés. Pour la campagne 2025-2026, les exportations togolaises ont reculé d’environ 64%, à 8.841 tonnes, selon le Comité de coordination des filières café et cacao, qui évoque notamment la contrebande dans les zones de production.
Ces fragilités, une association de producteurs primés entend désormais les affronter ensemble. À sa tête, Kokou, médaillé d’or en cacao. Son ambition: porter à au moins 90% la qualité du cacao togolais. Pour lui, le principal obstacle se joue après la récolte, au moment de la fermentation.
«Le problème majeur, c’est la fermentation. Dans le temps, on fermentait le cacao sous des feuilles de banane. Mais présentement, c’est dans un sac que cette étape a lieu mais qui ne permet pas avoir la qualité», souligne Kokou Toulassi, président de l’association des producteurs de cacao d’excellence du Togo.
Pour porter ce message, l’association compte sur ses membres. Atsou, planteur, l’a rejointe avec une conviction, celle de l’excellence qui ne doit pas rester l’affaire de quelques-uns, mais devenir celle de toute la filière.
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«J’ai adhéré à l’association parce que je veux promouvoir l’excellence du cacao. Je veux aussi sensibiliser les producteurs, pour avoir beaucoup de planteurs de cacao d’excellence, pour que le Togo ait toujours de bonnes renommées», explique Atsou Gbemou, planteur et membre de l’association.
À Wawa, la filière s’organise. Un centre de traitement post-récolte, financé à hauteur de 160 millions de francs CFA par le comité de la filière, vise 100 tonnes de cacao d’excellence dès la première année.
Des producteurs de la préfecture se sont par ailleurs engagés à livrer plus de 500 kilos de fèves à un chocolatier artisanal français. Reste à transformer les médailles en débouchés durables.
