Mauritanie. L’IRA réagit à la suspension de députées abolitionnistes: «C’est au président de la République de faire respecter les institutions»

Biram Dah Abeid, député et président de l'IRA (au milieu).

Le 22/07/2026 à 11h31

VidéoLa mesure prise par le président de l’Assemblée de Mauritanie de suspendre les députées Mariam Cheikh Dieng et Ghamou Achour, de l’Initiative de Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA), était au cœur d’une rencontre organisée par le mouvement.

Cette décision intervient après un avis du Conseil Constitutionnel, saisi par l’exécutif, estimant que la perte d’un mandat de député est soumise à une décision de justice ayant épuisé toutes les voies de recours.

Ces deux élues ont été arrêtées suivant une procédure de flagrance controversée «pour atteinte aux symboles de l’état, diffusion de propos à caractère raciste».

Pour rappel, au mois de février 2026, suite à la publication sur les réseaux de deux vidéos dénonçant «la discrimination touchant les descendants des ex-esclaves», Mariam Cheikh Dieng et Ghamou Achour ont été condamnées à quatre ans de prison ferme au mois d’avril. Un verdict réduit à deux ans de prison ferme assorti d’une peine complémentaire de perte des droits civiques pendant une période cinq ans.

Deux mois plus tard, les deux femmes, élues sous les couleurs du parti Sawab, également membres de mouvement l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste, ont été graciées par le chef de l’État mais cette mesure n’a pas levé leur perte des droits civiques.

Le collectif des avocats de la défense a introduit un pourvoi en cassation devant la cour suprême, visant «plusieurs entorses aux règles de procédures».

Réagissant à la mesure de suspension des deux députées, Biram Dah Abeid, député, leader de la mouvance abolitionniste explique: «aujourd’hui, nous sommes obligés de nous adresser au président de la République, Mohamed Cheikh El Ghazouani, pour dire que c’est à lui qu’incombe le devoir de réhabiliter les institutions, qui sont sous le coup de la dictature de sa majorité».

Le leader abolitionniste, dénonce «l’envoi, par l’exécutif, de militaires au Parlement pour déloger illégalement les deux députées de leurs bureaux». Un acte qu’il assimile «à une humiliation» du législatif.

Biram rappelle l’avis du Conseil Constitutionnel sur la procédure en cours et son incidence par rapport au mandat des deux députées.

Mariam Cheikh Dieng, députée «on va, inchallah, plaider auprès du Conseil Constitutionnel, en soulevant le caractère illégal des lois votées en notre absence. Nous sommes toujours des députées».

Par Amadou Seck (Nouakchott, correspondance)
Le 22/07/2026 à 11h31