Afrique du Sud: évacuation d’étrangers craignant des attaques xénophobes à Durban

Des membres du Service de police sud-africain (SAPS) et de la police métropolitaine de Durban escortent les ressortissants étrangers jusqu'à un bus du centre Diakonia jusqu'aux bureaux du ministère de l'Intérieur où ils seront contrôlés à Durban le 21 mai 2026.. AFP or licensors

Le 21/05/2026 à 19h32

Les autorités sud-africaines ont évacué jeudi des dizaines de ressortissants étrangers qui s’étaient réfugiés dans un centre religieux de Durban (est) par crainte de groupes anti-migrants virulents en Afrique du Sud.

Les campagnes xénophobes visant les migrants en situation irrégulière se sont intensifiées depuis plusieurs mois en Afrique du Sud, sans atteindre le niveau de violence observé lors de vagues précédentes.

La police a rassemblé dans des cars quelque 400 personnes originaires notamment de la République démocratique du Congo, du Rwanda, d’Éthiopie et de Somalie, avant de les évacuer du bâtiment de la métropole de la côte est où elles campaient pour certaines depuis plusieurs jours.

Des dizaines de militants anti-immigration ont applaudi et scandé «Dehors !» pendant que le groupe, comprenant plusieurs femmes et enfants, était conduit vers un centre gouvernemental pour réfugiés.

Certains ont plaqué leurs papiers d’identité contre les vitres du car pour montrer qu’ils disposaient des documents nécessaires pour se trouver en Afrique du Sud.

Plusieurs migrants ont confié à l’AFP avoir quitté leur domicile par peur, après que des habitants hostiles ont ordonné lors d’un porte-à-porte aux étrangers de partir avant le 30 juin.

Figure de proue du mouvement anti-immigration, Jacinta Ngobese-Zuma a déclaré aux journalistes que son groupe «March and March» s’opposait à la violence mais demandait à ce que tous les étrangers en situation irrégulière quittent le pays.

A six mois d’élections locales à risques pour l’ANC, le parti au pouvoir, et dont les partis rivaux espèrent profiter, ce petit groupe, minoritaire mais bruyant, accuse les migrants sans papiers d’être responsables des maux du pays, à commencer par le chômage et la criminalité, particulièrement élevés.

Dans la pire vague de violence de ces deux dernières décennies, 62 personnes avaient été tuées en 2008. De violents heurts ont aussi éclaté en 2015, 2016, 2019 et encore en 2021.

L’un des migrants évacués à Durban a raconté à l’AFP avoir quitté la RDC à l’âge de 12 ans pour fuir la guerre. «J’ai les papiers pour être ici. Mais chaque fois qu’il y a eu une flambée xénophobe, j’en ai été victime», a décrit Robert Ikobia.

«En 2012, j’ai reçu une balle dans la tête et j’ai failli mourir. Quelques années plus tard, j’ai été poignardé. J’ai fui la guerre dans mon pays, et pourtant je ne trouve pas la paix en Afrique du Sud», a-t-il ajouté.

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 21/05/2026 à 19h32