La xénophobie en Afrique du Sud: enfin, le président Ramaphosa sort de son silence

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa.. AFP or licensors

Le 11/05/2026 à 11h17

Le président Cyril Ramaphosa a réaffirmé lundi que la xénophobie n’avait «pas sa place» en Afrique du Sud, théâtre ces dernières semaines de manifestations antimigrants.

Plusieurs pays africains, dont le Nigeria et le Ghana, ont récemment exprimé leurs inquiétudes quant à la sécurité de leurs ressortissants installés en Afrique du Sud.

«Les récentes violentes manifestations et actes criminels dirigés contre des ressortissants étrangers dans certaines parties du pays ne représentent pas l’opinion du peuple sud-africain ni ne reflètent la politique du gouvernement», affirme M. Ramaphosa dans une lettre ouverte publiée lundi. «Ce sont là des actes d’opportunistes qui exploitent des griefs légitimes, en particulier ceux des pauvres, sous le faux prétexte d’un ”activisme communautaire”».

«Nous devons affirmer clairement qu’il n’y a pas de place en Afrique du Sud pour la xénophobie, la mobilisation ethnique, l’intolérance ou la violence», poursuit le président.

Plusieurs centaines de personnes avaient défilé dans la ville côtière de Durban (sud-est) mercredi pour exiger du gouvernement qu’il prenne des mesures contre les migrants en situation irrégulière.

Lors de précédentes actions ces derniers mois, les manifestants entendaient aussi empêcher l’accès d’étrangers à des centres de soins.

Cette nouvelle poussée de discours xénophobes dans le pays le plus industrialisé du continent intervient dans un contexte de campagne électorale pour les élections locales prévues début novembre.

Dans sa lettre, M. Ramaphosa insiste aussi sur la nécessité de «faire face (...) au défi de l’immigration clandestine, qui met en danger notre stabilité sociale, notre gouvernance et notre sécurité nationale» et «exerce une pression sur les services de santé, le logement et les services municipaux, en particulier dans les communautés défavorisées».

Le chef de l’État s’en prend également à «certains employeurs» qui profitent d’une main-d’œuvre illégale «plutôt que d’embaucher des citoyens» au salaire légal.

Les prises de position publiques de plusieurs pays africains, y compris des pays frontaliers, ont mis le gouvernement sud-africain dans l’embarras.

Le gouvernement nigérian a reproché la semaine dernière à Pretoria de ne pas mettre un terme au harcèlement à l’encontre des immigrés et a organisé des vols de rapatriement d’urgence pour ses ressortissants résidant en Afrique du Sud.

Fin avril, le Ghana avait convoqué l’ambassadeur sud-africain en raison de plusieurs «incidents xénophobes».

Dans la pire vague de violences xénophobes de ces deux dernières décennies au Kenya, 62 personnes avaient perdu la vie en 2008. De violents heurts ont aussi éclaté en 2015, 2016 et encore en 2019.

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 11/05/2026 à 11h17