Face aux multiples facettes du dérèglement climatique dont elles sont les premières victimes, les femmes africaines se sont réunies pour proposer leur méthode: l’adaptation au changement du climat, dans le cadre du programme Femme Adapt Climat initié par l’organisation internationale Migrations et Climat International en partenariat avec d’autres organisations comme Feef et Woca (Women and Climate Action).
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Ce programme conduit actuellement une tournée dans 14 pays africains à l’effet de sensibiliser les masses sur les effets de changement climatique et d’amener les dirigeants du continent à adopter les politiques devant susciter l’adaptabilité des populations aux conséquences du réchauffement climatique, cause de la perturbation des saisons agricoles dans plusieurs pays d’Afrique.
«L’Afrique subit les effets émissions des gaz à effet de serre des pays industrialisés. N’étant pas émetteurs, nous avons intérêt à nous adapter à cette dégradation des conditions climatiques afin d’éviter les conséquences les plus graves. Notre initiative vise à faire un plaidoyer auprès des décideurs afin que l’Afrique parle d’une seule voix au moment de la prise des grandes décisions. Il est clair que de gros efforts doivent venir des pollueurs», a déclaré Marie Florence Hond, Représentante de l’Ong Migrations et Climat International au Cameroun et coordonnatrice de la conférence panafricaine tenue à Yaoundé.
Cela fait des années que le constat a été fait mais il a été encore récemment rappelé par la Commission économique de l’Afrique des Nations unies: «l’Afrique est l’une des régions du monde les plus vulnérables aux changements climatiques, alors même que sa contribution aux émissions mondiales est négligeable».
La même source indique qu’entre 1991 et 2023, le continent s’est réchauffé à un rythme de 0,3°C par décennie, l’un des rythmes les plus élevés de la planète bien qu’étant à l’origine de seulement 3% des émissions mondiales de gaz à effet de serre.
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Pour l’Institut Africain d’Informatique (IAI) représenté par son dirigeant Armand Claude Abanda, il est temps que les données géographiques, environnementales et historiques des pays africains soient prises en compte par les différentes bases afin que l’intelligence Artificielle (IA) puisse en prendre connaissance.
«En utilisant l’IA dans les conditions actuelles pour prévenir les saisons par exemple, il y a de fortes chances que les données soient erronées parce qu’elles ne sont pas à jour», a-t-il confirmé tout en relevant que l’intelligence artificielle est incontournable dans l’adaptation aux conséquences du réchauffement climatique.
L’urgence de mesures immédiates est soulignée dans ces lignes de la Commission déjà citée «En 2022, près de 110 millions de personnes ont souffert de catastrophes liées au climat, entraînant des pertes économiques de 8,5 milliards de dollars. Face à ces difficultés, l’Afrique a besoin de 2.800 milliards de dollars entre 2020 et 2030 pour mettre en place des mesures d’adaptation et d’atténuation des changements climatiques alors qu’elle ne reçoit que 2% des fonds mondiaux consacrés à l’action climatique». Le constat est sans concession.
En attendant ces décisions tant espérées, la conférence de Yaoundé a connu la participation de plusieurs membres du gouvernement notamment, le ministre de l’Environnement et de la protection de la nature et celui de la Promotion de la femme et de la famille. Signe que le Cameroun adhère à cette initiative de la société civile.
