Il est 13 heures à Niamey, un soleil de plomb fait grimper le mercure à 44 degrés. Pire, la direction de la météo a prévu «de fortes températures prévues pour les prochaines 72 heures», avec des pics à 45°C dans l’ouest et le sud-ouest.
On a beau développer des stratégies d’évitement afin échapper à la chaleur dans un abri, l‘hydratation reste le meilleur remède contre les fortes chaleurs. Mais où trouver cette eau? Simplement, à tous les carrefours de la capitale, proposée par des jeunes qui n’ont d’autre choix que d’affronter des dards du soleil pour faire tourner leur commerce. Ce sont les vendeurs d’eau.
«Depuis quelques semaines, je vends au moins 300 sachets d’eau par jour. Avec cette chaleur extrême, les gens consomment beaucoup d’eau pour se rafraîchir et se réhydrater», explique Issiaka Hassane, revendeur d’eau fraîche.
Sachets d’eau à la main, ces jeunes profitent des embouteillages qui congestionnent les routes du matin au soir. Pour beaucoup d’entre eux, la saison chaude représente une véritable opportunité économique.
«Personnellement, je fais ce business uniquement durant cette période. Les ventes marchent bien et cela me permet d’économiser de l’argent pour investir ensuite dans d’autres commerces comme les accessoires de téléphones portables», explique Raouf Abdoul Aziz, revendeur d’eau fraîche.
Cependant, la consommation de cette eau vendue en sachet ne serait pas sans danger sur la santé des consommateurs. En 2025, l’Agence de normalisation, de métrologie et de certification avait conclu que sur les 64 sites de production visités à Niamey, 60 opéraient dans des «conditions d’hygiène précaires». Selon le rapport, ces unités de production sont parfois installées dans des habitations, avec une ignorance des règles d’hygiène.
Mais cette montée des températures ne profite pas uniquement aux vendeurs d’eau fraîche. Dans les ateliers de réparation des appareils de froid, les activités tournent également à plein régime.
«Nous travaillons nuit et jour pour satisfaire les clients parce qu’avec cette chaleur, ces appareils deviennent indispensables et tombent très souvent en panne», explique Hamza Adamou, réparateur des appareils de froid.
À Niamey, la forte chaleur bouleverse les habitants pendant au moins trois mois. Mais pour certains acteurs du secteur informel, cette période de canicule représente surtout une saison d’opportunités et de bonnes affaires.
