Cameroun: pourquoi les jeunes mariées ne veulent pas aller vivre au village avec leurs conjoints

Le 26/10/2026 à 09h57

VidéoAu Cameroun, plusieurs jeunes femmes mariées ont de la peine à rejoindre leurs conjoints dans leurs villages. Les raisons généralement évoquées tournent autour de leur jeune âge et la crainte d’une cohabitation hostile avec leurs belles-familles. Cette résistance est pourtant à l’origine de certains divorces.

Aller s’installer au village avec son conjoint est souvent perçu comme une déchéance par certaines jeunes femmes nouvellement mariées, qui souhaitent encore passer de très beaux moments en ville avec leur époux.

Pour elles, cette déchéance s’explique par leur jeune âge, car ces jeunes femmes sont généralement âgées de moins de 40 ans, comme Julia, que nous avons rencontrée au quartier Nkolndongo, à Yaoundé. «À mon âge, je ne saurais vraiment aller m’installer au village parce qu’ici, en ville, il y a encore beaucoup d’opportunités qui peuvent nous aider à améliorer nos conditions de vie, contrairement à la situation que nous connaissons tous dans les villages. Je ne le ferais jamais, même si c’est mon mari qui me l’impose. Alors, j’accepterais volontiers le divorce», déclare-t-elle.

Il y en a qui aimeraient rentrer définitivement dans leur village par alliance uniquement à un âge avancé. L’objectif serait d’échapper aux regards malveillants de certains villageois aux allures de sorciers, comme nous l’a indiqué une autre source.

Plusieurs hommes s’inscrivent pourtant en faux contre cette perception de leurs conjointes, arguant que l’amour doit se vivre en tout temps et en tout lieu, conformément au Code de la famille, qui indique que le domicile principal de l’homme est le siège de la famille.

Parmi ces hommes figure Ewodo Guillaume, rencontré dans un taxi de ville. «Si ma femme refuse de me suivre au village, j’en conclus directement qu’elle n’est pas mienne et je la remplace à la première occasion, parce qu’il est dit que nous devons vivre pour le meilleur et pour le pire. Alors, si le village est le pire, on fonce seulement. Je profite aussi de cette tribune pour demander aux filles paresseuses de ne plus accepter le mariage, car ce sont elles qui veulent vivre dans la facilité», a-t-il déclaré.

Par Jean-Paul Mbia (Yaounde, correspondance)
Le 26/10/2026 à 09h57