La scène est saisissante. Sur la route nationale N’Zerekore-Mamou, à hauteur d’Ourékaba, des voyageurs attendent, impuissants, qu’une issue se dessine. La route est complètement bloquée.
Au milieu de ce chaos, un camion s’emploie à remorquer un minibus enlisé. Le véhicule-tracteur tire lentement, mettant sa puissance à l’épreuve pour extirper le minibus de la boue.
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Pour certains passagers, cette épreuve dure depuis la veille. Ousmane Fofana, étudiant, raconte une nuit passée dans l’attente, après qu’un camion a bloqué le passage: «Nous sommes arrivés hier à 21 heures. Nous sommes restés sur place parce qu’un camion avait barré la route devant nous. Nous avons attendu de 21 heures jusqu’à 2 heures du matin. Ensuite, nous avons essayé de poursuivre notre route, mais nous avons retrouvé les mêmes difficultés. Nous avons encore tenté de forcer le passage. Franchement, l’état de la route est très mauvais. On ne sait même plus quoi dire», témoigne-t-il.
La fatigue se lit sur les visages. À l’immobilité des véhicules s’ajoutent la faim, les douleurs physiques et l’incertitude.
Pour Djenabou Keita, élève, les heures passées sur cette route sont devenues une véritable épreuve: «Les difficultés sur cette route sont vraiment insupportables. C’est pitoyable, je vous jure ! Nous souffrons, nous avons mal au dos et nous sommes épuisés. Cela fait maintenant presque deux jours que nous sommes sur la route. Nous sommes arrivés dans la zone de Mamou hier, et depuis 23 heures, nous sommes toujours là, sans pouvoir avancer. Cette route nous fait énormément souffrir. Les autorités doivent trouver une solution, parce que nous avons beaucoup souffert aujourd’hui», déplore-t-elle.
Mais, au-delà de la fatigue, c’est aussi la peur de manquer du nécessaire qui gagne les voyageurs. Quand un trajet s’étire sur plusieurs heures, voire plusieurs jours, la nourriture et l’accès aux commodités sont des préoccupations supplémentaires.
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Djenabou Keita raconte cette autre facette du calvaire: «Nous sommes tellement épuisés et nous n’avons plus rien à manger. Même lorsqu’on veut aller aux toilettes, il faut se déplacer ailleurs. Nous souffrons énormément ici. Franchement, les difficultés rencontrées aujourd’hui m’ont découragée de voyager entre N’Zérékore et Conakry. Quand on décide de faire ce voyage, il faut vraiment se préparer et prévoir suffisamment de nourriture et tout le nécessaire. Sinon, on risque de mourir sur la route», confie-t-elle.
Pour les usagers de cet axe stratégique reliant la Guinée forestière au centre du pays, le problème dépasse désormais le simple retard. Il pose la question de la praticabilité de la route et des solutions à apporter pour éviter que des voyageurs ne restent immobilisés pendant plus de 24 heures.
