Nouakchott. Encore un viol d’une fillette: lorsque l’indignation ne suffit plus à faire respecter «el karama» des femmes

Manifestation de femmes à Nouakchott

Le 12/09/2026 à 08h09

VidéoUn viol commis sur une fillette de sept s’ajoute à la trop longue liste des agressions à caractère sexuel et relance l’appel à l’adoption de l’avant projet de loi joliment dénommé Karama mais jusque-là oublié dans les tiroirs du Parlement depuis une décennie.

En Mauritanie, le viol d’une fillette de sept ans à Toujounine, une commune de la capitale Nouakchott, suscite l’indignation des associations de défense. Alors qu’elle se rendait le samedi 5 septembre à son école coranique, la fillette a été agressée par trentenaire un homme.

Cette affaire relance les revendications relatives à une législation pénale contre les crimes à caractère sexuel dont un texte dédié dort dans les tiroirs du gouvernement et du parlement depuis une décennie.

Cette revendication répond à la multiplication des agressions à caractère sexuel régulièrement dénoncées par les mouvements associatifs qui bénéficient de l’appui de plusieurs partenaires internationaux.

La journaliste Halima Diagana évoque le drame de Toujounine «avec un cœur qui saigne. Une douleur partagée face à un mal qui touche toute la Mauritanie. Une petite fille a été victime d’un acte particulièrement ignoble. Je m’interroge sur le blocage de la loi Karama qui sommeille dans les tiroirs depuis une décennie, suite à un véto des milieux conservatoires s’appuyant sur des arguments religieux».

Cependant, le projet de loi Karama fait face à une opposition notable de la part de certains leaders religieux et conservateurs. Ce texte vise à protéger les femmes contre le viol, le harcèlement sexuel, les mutilations génitales, les coups et blessures et les violences domestiques.

Maitre Fatimata Mbaye, avocate, président de l’Association Mauritanienne des Droits de l’Homme (AMDH) rappelle que «les filles mauritaniennes, petites ou grandes, les femmes mariées, sont toutes victimes de ce genre de comportement qui se traduisent parfois par des féminicides».

Des atteintes graves à l’intégrité physique, psychologique des femmes et des filles causant d’énormes préjudices aux familles et à toute la société, méritent une répression à la hauteur de l’ignominie du crime applicable aux crimes à caractère sexuel, plaide l’avocate, présidente de l’AMDH.

Ramata Bâ, de l’Association Mauritanienne pour la Santé de l’Enfant (AMSE), déplore un crime récurrent: «Nous traitons des cas similaires tous les jours. Maintenant, nous voulons une loi qui est bloquée depuis très longtemps» entre le gouvernement et le parlement, après une interminable procédure marquée par des renvois en seconde lecture et diverses formes de manœuvres.

Par Amadou Seck (Nouakchott, correspondance)
Le 12/09/2026 à 08h09