Sénégal: après les cours, les vacances sous l’emprise des réseaux sociaux?

Le 02/08/2026 à 14h04

VidéoLes salles de classe se vident, les cartables sont rangés et les vacances commencent. Pour ces élèves, il s’agit parfois de la dernière rencontre avant plusieurs mois. Pour combler cette distance, beaucoup comptent sur les réseaux sociaux afin de maintenir le contact avec leurs camarades.

Au Sénégal, la fin de l’année scolaire 2025-2026 est fixée à la fin du mois de juillet 2026. Et déjà, dans les écoles, les éclats de rire traduisent le sentiment de liberté retrouvé après une année rythmée par les cours, les évaluations et les examens. Mais derrière cette joie se cache déjà une pointe de nostalgie.

Khadijatou, élève en vacances, explique: «WhatsApp, Instagram et TikTok nous permettent de rester en contact avec nos amis durant les vacances. Mais au-delà de cela, ils sont très avantageux. Nous en profitons pour réviser nos leçons, préparer les prochains cours et continuer à étudier pendant les vacances.»

Des plateformes numériques qui ne font toutefois pas l’unanimité. Si certains y voient un simple espace de divertissement, d’autres estiment qu’elles offrent de véritables opportunités lorsqu’elles sont utilisées avec discernement.

Pour Sidath Sarr, élève en vacances, limiter les réseaux sociaux aux échanges entre amis serait une erreur. «Ce sont certes des moments de distraction entre amis, mais les réseaux sociaux sont devenus incontournables dans le quotidien de la jeunesse. Ils favorisent le divertissement et la cohésion. S’ils sont bien utilisés, ils permettent aussi d’acquérir des connaissances.»

À l’opposé, Sidy Fall, élève en vacances, alerte sur les dérives auxquelles les jeunes sont de plus en plus exposés. Selon lui, derrière les vidéos virales et les tendances du moment se cachent parfois des contenus préoccupants qui influencent négativement une partie de la jeunesse. «Sur TikTok, on voit n’importe quoi. Les jeunes s’adonnent, sur Instagram, à des pratiques malsaines. On ne peut même pas tout dire ici, mais le problème est bien réel», souligne-t-il.

Pour autant, Sidath Sarr refuse les généralisations. Selon lui, tous les jeunes ne font pas un usage excessif ou irresponsable des réseaux sociaux. Certains profitent même des vacances pour développer de petites activités génératrices de revenus grâce au commerce en ligne. «Il y en a qui utilisent les réseaux sociaux pour gagner de l’argent pendant les vacances. Ils achètent, revendent et se font un peu d’argent. Bref, ils en font un bon usage.»

Entre espace de divertissement, outil d’apprentissage et source de revenus, les réseaux sociaux occupent désormais une place centrale dans les vacances des jeunes. Mais leur influence continue d’interroger. Faut-il y voir une formidable opportunité pour une génération connectée ou un risque grandissant face auquel parents, enseignants et pouvoirs publics doivent redoubler de vigilance? Le débat, lui, ne fait que commencer.

Par Moustapha Cissé (Dakar, correspondance)
Le 02/08/2026 à 14h04