Sénégal. L’école face au dérèglement climatique: quelles leçons retenir des dernières inondations

Le 16/10/2026 à 14h20

VidéoLe calendrier scolaire est-il encore adapté aux réalités climatiques? Alors que les pluies se prolongent désormais jusqu’en octobre, le débat sur un éventuel report de la rentrée des classes au mois de novembre gagne du terrain. Mais si report il y a, les cours s’étaleront jusqu’à la saison des grandes chaleurs. Que faire?

Les pluies se prolongent, mais le calendrier scolaire, lui, reste inchangé. À Dakar, la rentrée des classes du 12 octobre a révélé des situations contrastées. Tandis que certains établissements ont pu reprendre normalement les enseignements, d’autres peinent encore faire à de même. De quoi relancer le débat sur l’opportunité de repousser la rentrée au mois de novembre dès l’année scolaire 2027-2028.

«Cette décision répond avant tout à un impératif de sécurité et de protection de nos enfants», annonce le ministère de l’Education nationale dans un communiqué.

Le Sénégal a connu, la semaine dernière, des pluies torrentielles qui ont causé des inondations dans plusieurs régions et paralysé une partie de la capitale où certains quartiers ont été submergés.

La saison des pluies, qui s’étend normalement de juin à septembre à travers le pays, s’est prolongée cette année jusqu’en octobre.

Pour Sidath Sarr, élève, «reporter la rentrée scolaire au mois de novembre serait une bonne solution. Ce lundi 12 octobre 2026, certains établissements ont commencé les cours, tandis que d’autres éprouvent encore des difficultés à accueillir les élèves. Comment vont procéder ces établissements pour que leurs élèves passent les examens de fin d’année dans les mêmes conditions que les autres? Je suis donc favorable à un report de la rentrée scolaire 2027-2028 au mois de novembre, inch’Allah».

Une préoccupation partagée par Daouda Gueye, enseignant, qui voit dans ce décalage une solution envisageable, mais insuffisante. Pour lui, la véritable urgence reste la construction d’infrastructures scolaires capables de résister aux intempéries et de garantir la continuité des cours.

«Le plus important est d’anticiper les effet de l’hivernage et construire des infrastructures de qualité, capables d’accueillir les enfants pendant cette période pluvieuse. Si nous ne sommes pas en mesure de construire des établissements scolaires qui puissent fonctionner pendant l’hivernage, c’est un autre problème qu’il faut résoudre».

Mais cette perspective ne fait pas l’unanimité. Cheikh Seck, parent d’élève, redoute qu’un report de la rentrée ne déplace simplement les difficultés. «Décaler la rentrée d’un mois pourrait poser des difficultés en fin d’année scolaire. Pour rattraper le temps perdu, nous serions peut-être obligés de prolonger les cours, au risque de retrouver les premières pluies et les périodes de forte chaleur. Les problèmes que nous cherchons à éviter à la rentrée pourraient donc se présenter à la fin de l’année».

Repousser la rentrée, moderniser les établissements ou repenser entièrement le calendrier scolaire? Au-delà des divergences, une même interrogation demeure: comment garantir à tous les élèves le même temps d’apprentissage, quelles que soient les conditions climatiques? Car si les saisons évoluent, l’école sénégalaise, elle aussi, est appelée à s’adapter. Reste à savoir à quel rythme et avec quels moyens.

Par Moustapha Cissé (Dakar, correspondance)
Le 16/10/2026 à 14h20