William, joueur de Tekken 8, a découvert l’e-sport il y a six ans, en troisième année d’université, quand un grand frère l’a emmené à une rencontre de joueurs. Tekken 8 est un jeu vidéo de combat dont la compétition 2026 s’est déroulée en plusieurs tournois internationaux au Japon, aux États-Unis et en France.
Depuis lors, William s’entraîne et a porté les couleurs du pays aux Jeux africains d’Accra en 2024. Mais, comme beaucoup de jeunes gamers togolais, il fait face à de nombreuses difficultés qui l’empêchent de vivre de sa passion.
«J’ai découvert des gens adultes jouer aux jeux vidéo, mais pour autre chose que le plaisir. C’est très difficile, des fois, de concilier les activités avec la pratique de l’e-sport», explique William Tshimungu, joueur de Tekken 8.
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Chez les joueuses, ces difficultés s’ajoutent à un autre obstacle. Face aux préjugés, Grâce Divine, alias Mystik DH, veut prouver que la jeune Togolaise a sa place dans le gaming.
«Ils me disent que les jeux vidéo, ne sont pas faits pour les filles mais pour les garçons. Et quand je joue, on vient me si je suis un garçon», explique Grâce Divine Adomayakpor, alias Mystik DH, gameuse Tekken 8.
Dans les locaux de la Fédération togolaise d’e-sport, une salle équipée de consoles et d’une connexion Internet accueille les joueurs.
Créée en août 2024, la Fédération a signé une convention d’objectifs avec le ministère de la Jeunesse et du sport. Elle organise la ligue nationale, le championnat des clubs, où les joueurs sont sélectionnés dans les salles de quartier, et le championnat universitaire. Un directeur technique les accompagne.
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«À travers toutes ces activités, nous regroupons les jeune qui sont suivis lors des compétitions, pour pouvoir les préparer au haut niveau international», souligne Steven K. Dadji, président de la Fédération togolaise d’e-sport.
À Africa Game On, les joueurs togolais se mesurent en compétition locale. Selon Newzoo, l’Afrique subsaharienne comptait 186 millions de joueurs en 2021, pour près de 863 millions de dollars de revenus en 2022. Au Togo, la filière reste à bâtir.
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«Je peux dire qu’au Togo actuellement, l’écosystème du jeu vidéo n’existe pas encore. Mais à travers ces compétitions, ces événements, on va essayer d’aller loin et essayer de faire quelque chose de meilleur», souligne Grégoire Yao Sogbale, gamer.
Dans ce contexte, la Fédération veut convaincre les joueurs que le jeu peut devenir un métier. «Nous aimerions que les gamers togolais reprennent conscience, qu’ils sachent que les jeux vidéo, ce n’est plus de l’amusement. Il y a du professionnalisme qui se dessine et, à travers les jeux vidéo, ils peuvent aussi gagner leur vie», indique Steven Dadji, président de la Fédération togolaise d’e-sport et organisateur d’Africa Game On.
Au Togo, l’e-sport n’est pas encore un métier. Avec une fédération, des compétitions et des joueurs qui s’entraînent pour représenter le pays, il cherche désormais à le devenir.
