Togo. Octobre, mois de la consommation locale: ces ingrédients qui manquent pour pérenniser ce choix

Le 11/10/2026 à 09h15

VidéoC’est un rendez-vous désormais installé dans le calendrier économique de l’espace de l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine. Au Togo, le Mois de la consommation locale s’ouvre à Lomé pour sa septième édition, avec une expo-vente, des échanges et des formations. Cependant, une question demeure en suspens: comment faire du produit togolais un produit que l’on choisit? Reportage.

Septième édition, et une thématique qui voit plus large : la consommation locale comme facteur d’intégration régionale et de souveraineté économique. Depuis 2019, octobre est consacré, dans l’espace UEMOA, aux biens et services produits dans l’Union. À Lomé, la Chambre de commerce et d’industrie, qui représente les entreprises, fixe la condition de ce pari.

«Notre responsabilité est donc de faire en sorte que le produit local soit celui que l’on choisit et non qu’on se contente d’encourager. C’est là que se situe l’un des grands défis de notre économie. Nous devons produire mieux, davantage et surtout produire pour répondre aux exigences du marché», avance José Kwassi Symenouh, président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Togo (CCI-Togo).

Cette exigence de qualité, l’État l’accompagne jusque dans les rayons: durant la cérémonie, des présentoirs réservés aux produits locaux ont été remis à plusieurs grandes surfaces. Le Togo serait par ailleurs, selon le ministère du Commerce, le seul pays de la sous-région doté d’une direction de la consommation locale. Sa directrice en précise la feuille de route.

«Les trois axes de notre stratégie sont articulés autour de la productivité, la qualité et la gouvernance. Cette stratégie est associée d’un plan d’action. Et nous sommes en train d’implémenter ce plan d’action avec le renforcement des capacités des entrepreneurs», explique Kafui Adovon, directrice de la consommation locale.

En marge de la cérémonie, l’expo-vente rassemble des produits venus de plusieurs régions du pays. Beurre de karité brut, huiles de soin...

Chez Toke-N’sa, entreprise familiale, Pierrette perpétue un savoir-faire transmis depuis des générations. Mais les pénuries d’amandes de karité ralentissent aujourd’hui sa production. Une matière première dont, à ses yeux, le pays tire trop peu de valeur.

«Nous avons nos matières premières que les autres viennent chercher pour ensuite nous revendre des produits finis. Et quand on exporte nos matières premières, c’est de la valeur qu’on perd. Donc c’est important de consommer local, pour encourager les entrepreneurs locaux à faire mieux, à donner plus», explique Pierrette Ekoima, promotrice de Toke-N’sa.

À quelques mètres du stand de Toke-N’sa, thés, farines au soja, maïs et moringa: Kokou dirige Agro Vision Initiative, qui mise sur la transformation de produits agricoles. Sa compétitivité se heurte pourtant à deux obstacles.

«Les difficultés que nous rencontrons aujourd’hui, c’est entre autres l’énergie qui devient très coûteuse aux entrepreneurs togolais pour pouvoir être très compétitifs. L’autre défi aussi, c’est l’emballage pour la plupart viennent de Chine», déplore Pierrette Ekima.

Énergie, emballages, commande publique : les exposants attendent que les engagements affichés pendant ce mois se traduisent dans les faits. Au-delà d’octobre, le défi reste de faire du produit togolais un choix durable, tout au long de l’année.

Par Steve Costa Midjola
Le 11/10/2026 à 09h15