«Quand on vit un refus d’accès à un centre de santé, on pleure à chaudes larmes. Il même arrive qu’un établissement public recommande à un malade, même dans un état grave, de se diriger vers une clinique privée. Est-ce que quelqu’un qui opte pour un centre de soins public a les moyens de se faire soigner chez le privé?», s’interroge Joseph Bagagnan, retraité vivant à Ouagadougou.
Visiblement sensible à de pareils traumatismes, le ministre de la Santé a publié, le 7 juillet, un décret qui "rappelle l’obligation d’accueil inconditionnel des patients dans les services d’urgences".
Selon les nouvelles directives du ministère de tutelle, "aucun patient ne doit être refoulé ou réorienté sans avoir été au préalable évalué par un professionnel de santé compétent, capable d’apprécier le degré d’urgence et d’administrer les premiers soins requis".
Pour les Burkinabè ayant vécu ces désagréments, cette décision marque enfin un changement important. «Lorsque tu emmènes un malade en souffrance à l’hôpital et qu’on te dise qu’il n’y a pas de place... c’est l’abattement», explique Boureima Badiel, citoyen, acteur de la veille citoyenne.
Des expériences qui ont profondément marqué de nombreuses familles et contribué à installer une véritable peur de l’hôpital. Aujourd’hui, cette nouvelle orientation des autorités nourrit l’espoir d’un accès plus humain aux soins de santé. «C’est une mesure salutaire qui va soulager les plus démunis comme nous autres… Je suis retraité donc vous comprendrez. Pour cela, on remercie Dieu et le président du Faso, parce qu’il est venu pour le peuple», se réjouit Joseph Bagagnan.
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Pour lui, cette mesure ne va pas seulement aider les malades, mais elle va aussi rendre le personnel médical plus dynamique et motivé.
«C’est aussi un soulagement pour le personnel médical, notamment en rééquilibrant les charges. Certains médecins sont sincèrement dévoués, mais il y a aussi ceux qui ne veulent pas travailler et qui ont toujours de petites courses à faire. Ce comportement induit des charges supplémentaires aux autres et cette mesure va aussi régler ce problème», dit-il, tout convaincu.
Pour répondre à l’augmentation de soins médicaux, le Burkina Faso a approuvé en conseil des ministres de juin dernier, un budget de près de 25 milliards FCFA, les destinés à renforcer les capacités d’accueil des structures de santé, d’améliorer leur niveau d’équipement et de rapprocher davantage les services sanitaires des citoyens sur l’ensemble du territoire national.
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De nombreux citoyens estiment que la mesure pourrait restaurer la confiance entre les populations et les établissements de santé, en garantissant une prise en charge immédiate des cas urgents, sans distinction. Reste désormais le défi de son application effective sur le terrain, afin qu’elle produise des changements concrets dans tous les centres hospitaliers du pays.
