Le Cameroun est une terre d’accueil et d’opportunités, encourageant plusieurs chefs d’entreprises à y investir. Mais, selon différents témoignages, les entreprises venues de Chine réserve à leurs salariés camerounais des traitements qu’ils qualifient de «deshumanisant et dégradant» dénoncés par la majorité des employés d’entreprises chinoises dénoncent.
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Début mai, une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux montre un salarié se faire fouetter au sein d’un entreprise chinoise, Sino Mart, un supermarché au quartier Elig-Edzoa à Yaoundé. Ces images ont provoqué une onde de choc au sein de la société camerounaise.
Dans son communiqué, le ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Grégoire Owona évoque des «agissements d’une gravité inacceptable» qui «constituent une violation flagrante des droits fondamentaux du travailleur, notamment de sa dignité, de son intégrité physique et morale, tels que garantis par la législation nationale en vigueur ainsi que par les conventions internationales ratifiées par notre pays.»
Entre salaires dérisoires, non-respect du Code du travail et violences physiques, les Camerounais travaillant dans ces entreprises ne savent plus à quel saint se vouer.
Selon le ministère de l’Économie, de la planification et de l’aménagement du territoire, 172 entreprises chinoises étaient présentes au Cameroun en 2018, faisant de la Chine le pays non-africain le plus implanté dans la région.
Ces salariés camerounais participent au développement de ces entreprises étrangères qui œuvrent dans plusieurs domaines notamment dans le commerce, le transport et l’exploitation des ressources naturelles comme les forêts et les minerais.
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«J’ai travaillé pendant trois ans dans une boutique chinoise de vêtements à Douala. Je vous jure que de ma vie, je n’ai pas travaillé autant. Notre chef nous demandait de commencer le travail à 6 heures pour ne terminer qu’à 23 heures et ce, tous les jours sauf le dimanche où on pouvait rentrait chez soi à 20 heures. À cette époque, je n’avais d’autres opportunités de travail, j’avais une grande famille à nourrir et devais me battre bec et ongles pour subvenir aux besoins des miens», a témoigné une jeune dame rencontrée au centre-ville de Yaoundé.
La situation est plus inquiétante dans les sites d’exploitation des minerais dans la région de l’Est du Cameroun où les employés travaillant pour les Chinois broient du noir de jour comme de nuit. «Ils emploient nos frères contre 25.000 Fcfa par mois et sont exposés aux produits toxiques qu’on utilise dans les sites pour facilement détecter l’or. Les chinois nous rendent la vie très dure. Nos sols ne sont plus fertiles comme avant à cause des produits chimiques toxiques qu’on déverse partout. Nos rivières ne sont plus poissonneuses comme par le passé. L’exploitation de nos ressources naturelles nous expose à toute sorte de dérive et lorsque nous entrons en rébellion, ces Chinois nous tuent avec des armes à feu. Nous avons déjà perdu plusieurs de nos frères dans ces circonstances», a déclaré un habitant de Batouri rencontré à Yaoundé.
Malgré toutes ces dénonciations, certains Camerounais encouragent le gouvernement à maintenir la coopération avec la Chine dans le souci d’accélérer l’émergence du pays grâce aux appuis multiformes qu’offre ce pays d’Asie au Cameroun.
Pourtant, les Camerounais ne demandent rien d’autre au ministère du Travail et de la Sécurité sociale que de veiller au respect du Code de travail dans le pays au sein des entreprises chinoises.
