Cameroun: les hommes ont-ils abandonné les charges familiales à leurs femmes?

Le 27/10/2026 à 10h05

VidéoAu Cameroun, les femmes participent de plus en plus aux charges familiales au point de tutoyer parfois les efforts de leurs maris. Une situation qui créé généralement des déséquilibres dans les ménages, avec des tensions qui peuvent aussi conduire aux divorces.

«Je suis devenue à la fois l’homme et la femme dans mon ménage. C’est moi qui rationne et c’est moi qui prépare alors que je vis avec un homme», ces propos sous fond de colère sont ceux d’une jeune dame que nous avons rencontrée au quartier Nkolbisson à Yaoundé.

Marie Solange est son nom. Elle vit maritalement avec Georges depuis quatorze ans et les deux ont au total quatre enfants. Marie Solange est revendeuse au marché de Mokolo dans le secteur des aliments frais et son conjoint, chauffeur de taxis de ville à Yaoundé. Elle raconte à qui veut l’entendre qu’elle est la seule qui prend en charge toutes les tâches ménagères chez eux, notamment la ration, les factures d’eau et d’électricité et bien d’autres.

À la question de savoir ce qu’il en est du loyer et de la scolarité des enfants, Marie Solange répond: «mon mari ne finit jamais la scolarité des enfants. C’est moi qui interviens toujours. Pour le loyer, il se débrouille à payer mais pas à la date indiquée. C’est pourquoi nous avons toujours les problèmes avec notre bailleur», a-t-elle confié.

Il faut dire que le cas de Marie Solange n’est pas isolé. Dans la ville de Yaoundé par exemple, plusieurs femmes se plaignent du comportement de leurs maris vis-à-vis de la prise en charge des tâches ménagères.

Plus loin au quartier Mimboman, nous avons rencontré une autre dame qui a témoigné: «Depuis que j’ai commencé mon activité de vente de la viande boucanée, mon mari a cessé de rationner comme il le faisait dans le passé. Il attend désormais que j’agisse avant de faire quoi que ce soit. Il en est de même pour les autres petites factures comme la prise en charge des répétiteurs de nos enfants», a-t-elle déclaré.

Dans l’opinion, plusieurs leaders identifient les causes non pas dans l’irresponsabilité généralisée des hommes mais plutôt dans la crise économie qui fragilise toutes les classes sociales dans le pays. Des femmes sortiraient du lot grâce à leur capacité de créer des petites activités génératrices de revenus et leur pouvoir de faire des économies même quand tout semple insoutenable.

Par Jean-Paul Mbia (Yaounde, correspondance)
Le 27/10/2026 à 10h05