Cameroun: «vêtements indécents» VS «autres temps, autres mœurs»...Le feuilleton continue

Yaoundé, capitale du Cameroun.

Le 27/03/2024 à 11h20

VidéoMalgré les nombreuses interdictions, les habillements jugés indécents des jeunes filles persistent dans les rues des grandes agglomérations au Cameroun. Les personnes appartenant à différentes générations n’ont évidemment pas le même regard.

Pantalon taille basse laissant entrevoir le postérieur, des vêtements décolletés qui mettent en évidence la poitrine, des hauts et collants transparents qui décrivent la silhouette, voilà quelques habillements et bien d’autres qui sont familiers dans toutes les grandes agglomérations au Cameroun. Des vêtements que certains comédiens ont tôt fait de qualifier de DVD (Dos et Ventres Dehors).

Une dame rencontrée au quartier Ekounou à Yaoundé s’indigne. «C’est regrettable de voir les jeunes filles s’habiller ainsi. A notre époque, la femme était digne et n’exposait pas son corps. Actuellement ça va dans tous les sens». Henriette âgée d’environ 70 ans, compare les mentalités des anciennes générations à celles d’aujourd’hui. Ce à quoi les jeunes filles rétorquent «autres temps, autres mœurs».

Anaëlle habite le quartier Cité-verte dans le 2ème arrondissement. La jeune fille de 19 ans est amoureuse des vêtements légers. «Je ne vois pas en quoi j’expose ma nudité lorsque je m’habille comme les filles de mon âge. Ceux qui parlent de l’ancienne époque, doivent savoir que chacun vit selon son temps. Personnellement, je serai très mal à l’aise si je devais porter des vêtements qui balaient le sol ou habits que je vois souvent sur les photos de mon arrière-grand-mère».

D’autres citoyens invités au débat estiment plutôt que ce sont ces habillements indécents qui exposent de plus en plus les jeunes aux agressions. Et dans ce sens, il ne se passe pas une seule semaine sans que l’on ne dénonce un cas d’abus sexuels perpétré dans une ville du pays.


Par Jean-Paul Mbia (Yaounde, correspondance)
Le 27/03/2024 à 11h20