Cameroun: Yaoundé, la ville où la bière coule à flots... même dans les endroits les plus insoupçonnés

À Yaoundé, des centaines de casiers rouges estampillés «Les Brasseries du Cameroun» s'empilent sur des palettes dans une rue commerçante, où évoluent ouvriers en tenue de travail et passants.

Le 20/09/2026 à 12h57

VidéoQu’y a t-il entre deux bars? A Yaoundé, la réponse est fort simple: un autre bar. Depuis quelque temps, la capitale politique du Cameroun connaît une prolifération sans précédent de débits de boissons à faire tourner la tête de ceux qui s’interrogent sur l’immobilisme des autorités locales qui laissent couler la bière à flots. Reportage chez le deuxième plus gros consommateur d’alcool pur d’Afrique.

L’histoire de ce marchand de prêt-à-porter est édifiante. Voyant que chemises et pantalons se vendaient au compte-gouttes, il a eu l’idée ingénieuse d’«introduire dans mon commerce quelques casiers de bière».

Rencontré au quartier Oyom-Abang à Yaoundé, ce commerçant raconte, «j’ai une boutique des vêtements de prêt-à-porter, mais je me suis rendu compte que je ne faisais pas de bonnes recettes alors que je paie régulièrement les impôts et l’espace que j’occupe. Alors et pour joindre les deux bouts, j’ai dû introduire quelques casiers de bières et je vous assure que je m’en sors mieux».

Il ne dira pas si cette idée lui est venue entre deux pintes de bière, mais ce produit d’appel semble avoir fait son effet. Le tiroir-caisse fonctionne mieux comme ailleurs dans les quartiers Mokolo, Madagascar, Ekounou, Mvog-Ada, Mvog-Mbi, Elig Essono, Obili ou Biyem-Assi, pour ne citer que ceux-là, où les débits de boisson se créent chaque jour et à des distances de moins de deux mètres les uns des autres.

C’est devenu presque la mode pour les promoteurs de ces débits de boissons qui ne reculent devant rien pour implanter leurs entreprises de fortune. Leur seul objectif est de se faire des bénéfices quel que soit l’endroit à occuper.

Cependant, la prolifération des débits de bière à Yaoundé reflète l’appétence des Camerounais pour les boissons alcoolisées qui en consomment entre 9 et 10 litres par habitant et par an. Une quantité qui fait dire que «Les Camerounais boivent l’équivalent du Mfoundi, (du nom d’une rivière au Cameroun)».

En 2025, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié une étude qui montre qu’en moyenne, au Gabon, les adultes boivent 9,01 litres d’alcool pur par an, un peu plus que les Camerounais (9 litres).

Le Cameroun est donc le deuxième plus grand consommateur d’alcool pur d’Afrique suivi du Nigeria (8,9 litres), de l’Ouganda (8,33 litres) et de l’Afrique du Sud (7,77 litres).

À Yaoundé la bière est consommée dans les endroits les plis insoupçonnés, «j’aime boire ma bière en bordure de route regarder passer les véhicules et les gens. C’est pourquoi je viens ici tous les soirs pour prendre mes bières», raconte cette jeune dame.

Il faut mentionner que les Camerounais en général et les Yaoundéens en particuliers aiment la belle vie, celle qui met en relief de bonnes sensations sur les papilles gustatives tant pour des boissons que de la gastronomie.

Par Jean-Paul Mbia (Yaounde, correspondance)
Le 20/09/2026 à 12h57