Alpha Barry revient quasiment tous les jours dans cette boutiquer de la capitale Conakry. Pour lui, la pénurie dure depuis plus d’un mois. «C’est ici que j’ai l’habitude de venir prendre du gaz, mais il n’y en a pas. Depuis plus d’un mois, je suis à la recherche de gaz. C’est ce que utilise ma femme à la maison. Je l’ai convaincue d’abandonner le charbon, mais aujourd’hui, il est impossible de trouver du gaz».
Dans la boutique, les bouteilles sont pourtant bien là. Posées les unes sur les autres, elles donnent l’impression d’un stock disponible. Mais elles sont toutes vides.
Le revendeur Amadou Bah affirme, lui aussi, attendre depuis plusieurs semaines une nouvelle livraison. «Ma dernière livraison remonte à trois semaines. Toutes les bouteilles que vous voyez là sont vides. Même nos fournisseurs habituels disent qu’ils n’ont plus de gaz. Jusqu’à présent, aucune explication claire ne nous a été donnée».
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Cette raréfaction de ce produit, qui remplace peu à peu le charbon, serait également due à l’explosion de la consommation nationale passée de 1.900 tonnes en 2021 à 9.000 en 2025.
Pour satisfaire en partie cette consommation locale, le Premier ministre, Amadou Oury Bah avait procédé en avril dernier à la mise en service officielle d’une usine dédiée à la fabrication et à la requalification de bouteilles de gaz domestique.
Cette installation «marque le point de départ d’une politique encore plus ambitieuse de développement de la filière gaz en République de Guinéen», avait déclaré le directeur général du FAPGAZ, Kaman Sadji Diallo.
En attendant, Alpha Barry, qui avait délaissé le charbon au profit du gaz, se retrouve contraint de chercher d’autres solutions. «Avec le réchaud électrique que j’utilise actuellement, la facture flambe. Nous sommes en prépayé. Nous souhaitons avoir du gaz, c’est plus rapide et plus fiable».
À Conakry, derrière chaque bouteille vide, c’est tout un quotidien qui se retrouve perturbé. Pour les revendeurs, l’attente se prolonge sans explication précise sur les ruptures d’approvisionnement.
Pour les consommateurs, la recherche continue, parfois pendant plusieurs semaines, avec l’espoir de trouver enfin une bouteille pleine. Il est annoncé néanmoins, la reprise une desserte normale cette semaine.
