Conakry. Pont de Bonfi: une démolition partielle pour une totale galère

Le pont de Bonfi à Conakry.

Le 13/07/2026 à 09h22

VidéoFermé à la circulation piétonne en raison de son état de dégradation avancée, le pont de Bonfi fait actuellement l’objet d’une démolition partielle. Entre accès condamnés, présence des forces de l’ordre et mobilisation spontanée de citoyens pour assister les usagers, ce point de passage stratégique de Conakry illustre les difficultés de circulation auxquelles sont confrontés quotidiennement les habitants de la capitale.

Des bandes rouges et blanches barrent désormais les accès au pont de Bonfi. À chaque extrémité de ce pont, elles rappellent que l’ouvrage est devenu trop dangereux pour être emprunté. Sur le tablier, plusieurs ouvertures et fissures témoignent de la dégradation avancée de cette infrastructure qu’empruntent quotidiennement des milliers d’usagers.

Selon les riverains, le pont est régulièrement mis à ride épreuve par des camions dont le gabarit dépasse la hauteur autorisée: «Souvent, des véhicules, notamment des camions, percutent ce pont, car sa hauteur est relativement basse. Face à cette situation, le gouvernement a mobilisé des équipes afin de le démolir partiellement et de le rehausser pour éviter de nouveaux accidents. Les travaux de rehaussement du pont sont une bonne initiative, mais en attendant leur achèvement, nous nous sommes portés volontaires pour aider les citoyens à traverser en toute sécurité», explique Almamy Sylla, volontaire.

Aux heures de pointe, la circulation est particulièrement difficile autour du pont.

Les policiers tentent de faciliter les traversées, tandis que plusieurs habitants prêtent main-forte aux personnes les plus vulnérables. «Nous souhaitons que les travaux soient accélérés. Sinon, la situation risque de représenter un véritable danger pour les populations. Traverser sans l’assistance des policiers est quasiment impossible. C’est pourquoi nous demandons la présence des forces de l’ordre, au moins pendant les heures de grande affluence, entre 8 h et 10 h. Cette route est très fréquentée, c’est une autoroute. Il faut donc accélérer les travaux», plaide Mohamed Bangoura.

Pour certains habitants, cette mobilisation est avant tout un acte citoyen destiné à limiter les risques en attendant la fin du chantier. «Ce que nous faisons aujourd’hui est une initiative volontaire. Nous avons décidé d’agir parce que c’est notre pays et que nous voulons aider le gouvernement. La situation est très dangereuse. Depuis ce matin, nous avons constaté que le pont est endommagé. C’est pourquoi nous nous sommes portés volontaires pour venir en aide à la population, mais aussi accompagner les autorités», affirme Aboubacar Sylla, chef de secteur au sein de la zone Bonfi.

En attendant la réouverture du pont, les autorités poursuivent les travaux avec l’objectif de sécuriser durablement cet axe névralgique de la capitale, afin que les usagers puissent à nouveau le franchir sans risque.

Par Mamadou Mouctar Souaré (Conakry, correspondance)
Le 13/07/2026 à 09h22